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Sam Altman veut vendre l'intelligence comme l'eau : le virage inquiétant d'OpenAI

Lors du sommet sur les infrastructures de BlackRock à Washington, Sam Altman, PDG d'OpenAI, a dévoilé une vision qui fait froid dans le dos : l'intelligence artificielle deviendra bientôt une simple ressource tarifée au compteur, comme l'électricité ou l'eau. Une déclaration qui révèle les véritables ambitions de l'entreprise derrière ChatGPT, et soulève de profondes inquiétudes sur l'avenir du travail et de l'économie.

« Nous voyons un futur où l'intelligence sera une ressource publique, comme l'électricité ou l'eau, et les gens nous l'achèteront au compteur », a affirmé Sam Altman devant un parterre d'investisseurs et de décideurs. Cette formule n'est pas anodine. En présentant l'IA comme une infrastructure essentielle, le patron d'OpenAI suggère implicitement que son entreprise mérite un soutien public similaire à celui accordé aux fournisseurs d'énergie.

Pour concrétiser cette ambition, OpenAI prévoit des investissements massifs dans des centres de données de plusieurs gigawatts. Altman a évoqué des campus accueillant « 10 000 personnes, tous ces corps de métier spécialisés faisant toutes ces choses différentes ». L'entreprise a même annoncé un partenariat avec les syndicats nord-américains du bâtiment pour former davantage de travailleurs spécialisés.

L'aveu troublant sur la fin du travail tel qu'on le connaît

Mais c'est sur la question de l'emploi que les déclarations d'Altman se révèlent les plus préoccupantes. Le dirigeant a reconnu sans détour que « l'équilibre traditionnel entre travail et capital est en train de se transformer radicalement ». Selon lui, « les prochaines années vont être un ajustement douloureux », marqué par des débats « très intenses et inconfortables » sur la refonte de nos sociétés.

Altman prédit qu'avant fin 2028, la capacité cognitive à l'intérieur des centres de données dépassera celle de l'humanité à l'extérieur. Les dirigeants d'entreprises, les présidents et les scientifiques de haut niveau ne pourront plus exercer leurs fonctions sans une assistance massive de l'IA. En Inde, certains entrepreneurs tentent déjà de créer des « startups à zéro employé », entièrement pilotées par intelligence artificielle.

Le coût pour résoudre des problèmes complexes via l'IA a chuté d'environ 1 000 fois entre le modèle de raisonnement initial d'OpenAI et sa dernière version. Cette efficacité fulgurante explique pourquoi de nouvelles entreprises privilégient désormais l'investissement dans la puissance de calcul plutôt que dans les ressources humaines.

Des promesses d'abondance qui cachent une dépendance publique

Altman affirme vouloir rendre l'intelligence « trop bon marché pour être mesurée », une expression empruntée au secteur de l'énergie. Pourtant, cette rhétorique de l'abondance cache mal plusieurs contradictions embarrassantes. L'expansion de l'IA a déjà provoqué une flambée des coûts énergétiques dans les communautés hébergeant des centres de données, contredisant la promesse de prix bas.

De plus, OpenAI a récemment abandonné un projet d'extension d'installations au Texas en raison de difficultés de financement. En présentant l'IA comme une infrastructure vitale, Altman laisse entendre que des subventions gouvernementales pourraient être nécessaires – un écho troublant à ses commentaires antérieurs sur la nécessité d'une « assurance de dernier recours » fédérale, qu'il avait par la suite rétractés.

Face à ces transformations, le PDG d'OpenAI s'est montré étonnamment franc : « S'il y avait une réponse consensuelle facile, nous l'aurions déjà mise en œuvre. Personne ne sait vraiment quoi faire ». Il estime que les indicateurs traditionnels comme le PIB pourraient s'effondrer dans un « monde perpétuellement déflationniste », obligeant nos sociétés à repenser entièrement la façon dont nous mesurons la qualité de vie.

OpenAI plaide pour une gouvernance démocratique de l'IA plutôt qu'un contrôle autocratique, arguant que la société dans son ensemble devrait déterminer comment déployer cette technologie transformatrice. Mais quand une entreprise privée vend l'intelligence au compteur et impose son modèle économique, peut-on vraiment parler de choix démocratique ? La question reste ouverte, et l'avenir du travail plus incertain que jamais.

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