Trump et Netanyahu visés par une plainte devant la CPI pour crimes de guerre
L'organisation espagnole Iustitia Europa a déposé plainte le 12 mars 2026 auprès du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La plainte porte sur des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés, notamment le bombardement meurtrier d'une école en Iran et la mort d'un prêtre maronite au Liban.
Au cœur de cette plainte figurent les frappes militaires menées le 28 février 2026 contre le territoire iranien. L'organisation dénonce particulièrement le bombardement de l'école primaire pour filles Shajareh Tayyebeh à Minab, dans la province d'Hormozgan au sud de l'Iran. Selon les autorités iraniennes, cette attaque aurait fait au moins 175 victimes, dont 14 enseignants. L'Unicef précise que la majorité des victimes étaient des écolières âgées de 7 à 12 ans.
L'ambassadeur iranien auprès de l'ONU affirme que plus de 1 300 civils auraient été tués depuis le début des bombardements, dont près de 300 enfants. Une enquête du New York Times établit que l'armée américaine serait vraisemblablement l'auteur de l'attaque contre l'école. Les frappes auraient également touché de nombreuses infrastructures civiles : habitations, commerces, centres de santé et établissements scolaires.
La mort du père Pierre el-Raï au Liban
La plainte mentionne également la mort du père Pierre el-Raï, prêtre maronite de la paroisse de Qlayaa dans le sud du Liban. Le religieux a été tué le 9 mars 2026 lors d'un bombardement attribué à l'armée israélienne. Selon les témoignages, le père el-Raï s'était précipité pour secourir un paroissien blessé lors d'une première frappe. Un second tir aurait frappé la même zone, blessant mortellement le prêtre et plusieurs habitants.
Le pape Léon XIV a qualifié le père el-Raï de « véritable berger », saluant son sacrifice pour venir en aide à ses fidèles. Le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Vatican, a dénoncé « une tragédie qui risque de s'étendre » à l'ensemble du Moyen-Orient.
Une procédure juridique aux enjeux majeurs
Dans sa communication à la CPI, Iustitia Europa demande au Bureau du Procureur d'examiner si la campagne militaire lancée le 28 février 2026 contre le territoire iranien pourrait constituer un acte d'agression contraire à la Charte des Nations Unies, ayant eu lieu sans autorisation du Conseil de sécurité. L'organisation invoque l'article 15 du Statut de Rome, qui permet à toute personne ou organisation de soumettre une communication à la Cour.
La plainte demande d'évaluer si les actions menées par les États-Unis et Israël correspondent aux définitions de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crime d'agression, tous couverts par le Statut de Rome. La CPI doit désormais examiner ces éléments et décider s'il existe une base suffisante pour ouvrir un examen préliminaire, première étape avant une éventuelle enquête formelle.
Cette nouvelle plainte intervient alors que Benjamin Netanyahu fait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI émis en novembre 2024 pour crimes de guerre présumés à Gaza. En février 2025, le président Trump avait ordonné des sanctions contre la Cour en réponse à ce mandat, accusant l'institution de mener « des actions illégitimes et sans fondement visant l'Amérique et notre proche allié Israël ».
L'issue de cette procédure dépendra de l'évaluation du Procureur de la CPI, qui devra déterminer si les faits allégués relèvent de la compétence de la Cour et s'il existe des motifs raisonnables de croire que des crimes relevant du Statut de Rome ont été commis. La décision pourrait prendre plusieurs mois.