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Algérie : l'euro stable à 280 DA, le dollar poursuit sa baisse sur le marché noir

En ce milieu du mois de février 2026, le marché noir des devises en Algérie affiche une stabilité remarquable. L'euro se maintient autour de la barre des 280 dinars algériens (DZD) au Square Port-Saïd d'Alger, tandis que le dollar américain poursuit une tendance baissière amorcée depuis le début du mois. Une accalmie qui tranche avec les montagnes russes observées tout au long de l'année 2025.

Selon les cambistes du Square Port-Saïd, principal marché informel des devises à Alger, l'euro s'échange ce dimanche 16 février contre 280 dinars algériens à l'achat et entre 281 et 282 DZD à la vente. Un billet de 100 euros rapporte ainsi environ 28 000 dinars algériens. Depuis le début de l'année, la monnaie unique européenne oscille invariablement dans cette fourchette étroite, ne parvenant pas à franchir durablement le seuil des 282 dinars.

Le 5 janvier dernier, un euro valait 281 DZD. Six semaines plus tard, le cours n'a pratiquement pas bougé, une hibernation inattendue qui secoue les cambistes habitués à des fluctuations plus prononcées. Cette stabilité contraste fortement avec le mois de novembre 2025, lorsque l'euro avait frôlé la barre symbolique des 300 dinars, provoquant une onde de choc chez les opérateurs économiques et les particuliers.

Le dollar américain en recul constant

Du côté du billet vert, la tendance est clairement baissière. Le dollar américain s'échange désormais à 235 DZD à l'achat et 239 DZD à la vente sur le marché parallèle. Une glissade progressive puisque la devise américaine cotait encore 238 DZD le 5 janvier, puis 237,50 DZD le 9 février, avant de chuter à 235,50 DZD le 12 février. En trois jours seulement, le billet vert a encore perdu 0,50 DZD supplémentaire.

Cette érosion du dollar s'explique en partie par l'affaiblissement de la monnaie américaine sur les marchés internationaux face à un euro renforcé par les perspectives économiques de la zone euro. Les cambistes algériens, très attentifs aux tendances mondiales, ajustent mécaniquement leurs cotations en conséquence.

Quant aux autres devises, la livre sterling s'échange à 312 DZD à l'achat et 316 DZD à la vente, tandis que le dollar canadien se négocie entre 172 et 174 DZD. Ces monnaies suivent globalement la même trajectoire de stabilisation observée sur l'ensemble du marché informel.

Un écart abyssal avec les cours officiels

L'écart entre le marché noir et les cotations officielles de la Banque d'Algérie demeure spectaculaire. L'institution monétaire affiche un euro à 153,64 DZD et un dollar à 129,55 DZD. Autrement dit, l'euro vaut presque deux fois plus cher au Square Port-Saïd que dans les guichets bancaires. Cet écart, qui accentue la pression sur le dinar, constitue un baromètre des tensions structurelles qui pèsent sur l'économie algérienne.

Cette situation singulière tient à l'absence de bureaux de change agréés en Algérie. Les devises étrangères ne sont tout simplement pas disponibles à l'achat dans les banques pour les particuliers, ce qui alimente un marché parallèle prospère. Malgré les promesses récurrentes d'ouverture de bureaux de change, aucune réforme concrète n'a encore vu le jour.

Les observateurs du marché s'interrogent désormais sur la durabilité de cette accalmie. L'approche de la saison estivale et la période des voyages pourraient raviver la demande en devises et pousser les cours à la hausse. En 2025, l'euro avait connu un véritable « yo-yo », dépassant les 290 dinars avant de redescendre sous les 250 DZD. Reste à savoir si 2026 réservera le même scénario aux Algériens en quête de devises.

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