Frais de tenue de compte : pourquoi certaines banques pratiquent des hausses record en 2026
Les frais de tenue de compte bancaire connaissent une envolée sans précédent en 2026. Selon les études convergentes de Panorabanques et de l'association CLCV, la hausse atteint en moyenne 5,9 %, portant la facture annuelle de 22,10 à 23,40 euros. Certains établissements affichent des augmentations bien plus spectaculaires, poussant les associations de consommateurs à tirer la sonnette d'alarme.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. D'après l'enquête annuelle de la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie), menée auprès de 107 banques en métropole et outre-mer, les frais bancaires progressent en moyenne de 3 % cette année. Mais c'est sur le poste spécifique de la tenue de compte que la hausse est la plus brutale : +6,39 %, un record qui traduit une tendance de fond amorcée depuis plusieurs années.
Le constat est d'autant plus frappant que ces frais, autrefois inexistants dans la plupart des établissements, sont désormais facturés par la quasi-totalité des banques traditionnelles. Sur les 106 banques analysées par Panorabanques, 61 continuent d'augmenter leurs tarifs. Seules sept banques ne facturent toujours pas la tenue de compte : le Crédit Agricole Normandie Seine, le Crédit Coopératif et cinq banques en ligne.
Des écarts considérables entre établissements
Toutes les banques ne pratiquent pas les mêmes tarifs, loin s'en faut. BNP Paribas se distingue avec des frais annuels de 31,20 euros, tandis que le Crédit Mutuel de Bretagne culmine à 35,88 euros. Le cas de La Banque Postale est particulièrement révélateur de cette dérive tarifaire : ses frais de tenue de compte sont passés de 13,20 euros en 2020 à 25,20 euros en 2026, soit une hausse vertigineuse de 90 % en six ans.
D'autres trajectoires interpellent. Le Crédit Agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres a fait bondir ses frais de 9 à 24 euros par an, soit une multiplication par près de trois. « Les banques justifient ces frais en affirmant qu'ils représentent le prix du service de gestion administrative », explique Anna Meylacq, porte-parole de Panorabanques. Un argument qui peine à convaincre les associations de consommateurs, alors que la digitalisation des services bancaires aurait dû, en théorie, réduire les coûts de fonctionnement.
Au total, les Français paieront en moyenne 191,90 euros de frais bancaires en 2026, tous postes confondus. Car la tenue de compte n'est pas le seul poste en hausse : les cotisations des cartes bancaires augmentent également, de 2,07 % à 2,46 % selon le type de carte. Les retraits hors réseau flambent de 14,9 % pour les clients effectuant quatre retraits déplacés par mois.
Les banques en ligne, une alternative crédible
Face à cette escalade tarifaire, les banques en ligne tirent leur épingle du jeu. Plusieurs d'entre elles ne facturent aucun frais de tenue de compte, sous réserve de conditions liées à l'utilisation régulière de la carte bancaire ou à un niveau minimum de revenus. Leur avantage structurel est clair : sans agences physiques ni réseau de conseillers en dur, leurs coûts de fonctionnement sont mécaniquement plus bas.
Pour les consommateurs qui souhaitent agir, la réglementation offre un filet de sécurité. Les établissements bancaires sont tenus d'informer leurs clients au moins deux mois avant toute modification tarifaire. En cas de désaccord, le client peut refuser les nouvelles conditions et résilier sa convention de compte sans pénalité. La CLCV recommande par ailleurs de consulter attentivement le relevé annuel de frais bancaires, envoyé chaque début d'année, pour identifier les dépenses superflues et éviter les mauvaises surprises.
Cette tendance haussière, qui ne semble pas près de s'inverser, pose une question de fond sur le coût d'accès aux services bancaires de base en France. Alors que le compte courant reste un outil indispensable de la vie quotidienne, la généralisation de frais toujours plus élevés pénalise en premier lieu les ménages les plus modestes, souvent captifs de leur établissement bancaire.