sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Trump sollicite l'OTAN, la Chine et le Japon pour sécuriser le détroit d'Ormuz

Le président américain Donald Trump a lancé un appel sans précédent aux puissances mondiales pour qu'elles envoient des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique quasi-bloqué par l'Iran depuis le début du conflit opposant les États-Unis et Israël à la République islamique. Parmi les pays sollicités figurent la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, mais aucun n'a pour l'instant confirmé sa participation.

Dans un message publié sur Truth Social le 14 mars, Donald Trump a déclaré : "De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis". Il a ajouté : "Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres enverront des navires dans la région afin que le détroit d'Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité", faisant référence à l'Iran après la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d'une opération militaire américano-israélienne le 28 février.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement 20 % de la production mondiale de pétrole, fait l'objet d'un quasi-blocus imposé par Téhéran depuis le début des hostilités. Cette situation a provoqué une flambée des cours du pétrole et menace l'approvisionnement énergétique mondial. Le conflit a déjà fait plus de 1 000 morts, principalement en Iran, et provoqué le déplacement de plus de 800 000 personnes au Liban.

La France reste prudente, la Chine et le Japon rejettent l'appel

La position de Paris reste pour l'instant ambiguë. Si la France a déployé des navires en Méditerranée pour aider ses alliés à se défendre contre les frappes iraniennes, elle n'a pas encore envoyé de forces navales dans le golfe Persique. Le 3 mars, le président Emmanuel Macron avait évoqué la formation d'une coalition pour sécuriser "les voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" en mobilisant des moyens "y compris militaires", sans toutefois préciser davantage.

Du côté asiatique, la réaction est encore plus réservée. Selon plusieurs sources, la Chine a rejeté l'appel de Trump à envoyer des troupes dans le détroit d'Ormuz. Pékin n'avait pas été consulté avant le lancement de l'opération militaire américaine et se trouve dans une position délicate : sollicité par Washington pour rejoindre la coalition, le géant asiatique pourrait également profiter de la fermeture du détroit pour se tourner vers la Russie comme fournisseur d'énergie alternatif.

Le Japon a également ignoré l'appel américain, selon Takayuki Kobayashi, président du conseil politique clé du pays. Tokyo, comme d'autres alliés traditionnels des États-Unis, semble réticent à s'engager dans un conflit déclenché unilatéralement par Washington, sans consultation préalable du Congrès américain ni soutien international large.

Des tensions au sein de l'OTAN

Au-delà des réponses individuelles des pays sollicités, cet appel de Trump révèle les tensions croissantes au sein de l'Alliance atlantique. Plusieurs alliés de l'OTAN ont manifesté leur réticence à soutenir une opération militaire lancée sans leur concertation. Cette situation rappelle les divisions apparues lors de l'annonce de la frappe contre l'Iran, lorsque plusieurs capitales européennes avaient appelé à la désescalade.

L'appel du président américain illustre également le paradoxe de sa position : après avoir méprisé ou critiqué plusieurs de ces alliés durant sa campagne et son mandat, il se tourne désormais vers eux pour obtenir du soutien dans une crise qu'il a lui-même contribué à déclencher. Cette demande d'aide intervient alors que Trump avait précisément fait campagne sur un discours de désengagement des alliances internationales et de critique des contributions militaires européennes et asiatiques.

Pour l'instant, aucun des pays nommément cités par Donald Trump n'a donné la moindre indication publique qu'il enverrait des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz. La formation de cette coalition navale internationale, présentée comme imminente par le président américain, reste donc hautement incertaine, laissant Washington face à un défi stratégique majeur dans une région déjà hautement volatile.

sfy39587stp16