Espagne : 39 morts dans une collision entre deux trains à grande vitesse
Au moins 39 personnes ont perdu la vie dimanche 18 janvier dans une collision entre deux trains à grande vitesse près d'Adamuz, dans la province de Cordoue en Andalousie. Cet accident, le plus meurtrier sur le réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse, a également fait plus de 150 blessés dont cinq dans un état critique.
Le drame s'est produit aux alentours de 19h45, lorsqu'un train de la compagnie privée Iryo assurant la liaison Malaga-Madrid a déraillé. Ses derniers wagons sont entrés en collision avec un train Alvia de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait en sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.
La violence de l'impact a été telle que les deux premiers wagons du train Renfe ont été projetés hors des rails, chutant d'un talus de six mètres de hauteur. « Tout est complètement détruit », a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue. « Le métal est déformé, avec des personnes à l'intérieur », a-t-il ajouté, décrivant une scène de désolation.
Plus de 400 passagers impliqués
Au moment de la collision, le train Iryo transportait plus de 300 passagers tandis que le convoi Renfe en comptait une centaine. Parmi les victimes figure le conducteur du train Renfe. Le bilan humain fait état de 152 blessés, dont 24 dans un état grave incluant quatre mineurs.
Les secours se sont mobilisés massivement sur un site difficile d'accès. Des centres d'accueil ont été ouverts à Cordoue et Huelva pour les familles des victimes. L'ensemble du trafic ferroviaire à grande vitesse entre Madrid et l'Andalousie a été interrompu pour la journée du lundi 19 janvier.
Des circonstances inexpliquées
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a qualifié cet accident de « véritablement étrange ». Il a souligné que le déraillement s'est produit sur une portion de voie rectiligne récemment rénovée en mai dernier. Le train Iryo, mis en service il y a moins de quatre ans, avait également fait l'objet d'une maintenance de routine jeudi.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a évoqué « une nuit de profonde douleur » pour l'Espagne. Le roi Felipe VI et la reine Letizia ont exprimé leur « grande inquiétude ». Emmanuel Macron a adressé ses pensées aux victimes, promettant le soutien de la France. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de ce drame, la plus grave catastrophe ferroviaire en Espagne depuis l'accident de Saint-Jacques-de-Compostelle en 2013 qui avait fait 80 morts.