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Merz et Sanchez : le silence de Berlin face à Trump qui provoque une crise diplomatique

La crise diplomatique entre l'Allemagne et l'Espagne s'aggrave après la visite de Friedrich Merz à Washington début mars. Alors que Donald Trump qualifiait l'Espagne « d'allié terrible » et menaçait de sanctions commerciales en raison du refus de Madrid d'autoriser l'utilisation de bases militaires pour des opérations en Iran, le chancelier allemand, assis à ses côtés dans le Bureau ovale, est resté silencieux. Un mutisme qui fait aujourd'hui l'objet de vives critiques de la part des autorités espagnoles.

Le 3 mars 2026, Friedrich Merz rencontrait Donald Trump à Washington pour discuter de relations transatlantiques, de la guerre en Ukraine et de questions commerciales. Mais c'est la situation iranienne qui a dominé l'entretien. Lors de cette rencontre, le président américain n'a pas mâché ses mots contre l'Espagne. « Un allié terrible », avait-il lâché, avant d'ordonner à son secrétaire au Trésor de « rompre toutes les relations commerciales avec l'Espagne ». La raison ? Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a refusé catégoriquement d'autoriser les États-Unis à utiliser les bases militaires conjointes de Rota et Morón, situées en Andalousie, pour soutenir la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran.

Quelques jours plus tôt, lors d'une allocution télévisée, Sanchez avait été clair : « Non à la guerre ! Nous ne serons pas complices ». La ministre de la Défense espagnole, Margarita Robles, avait également précisé que l'Espagne « n'avait pas fourni et ne fournirait pas » d'assistance pour cette opération qu'elle qualifiait d'« unilatérale ». En vertu de l'accord bilatéral de 1988, toute utilisation de ces bases au-delà d'exercices conjoints ou de maintenance nécessite l'autorisation préalable du gouvernement espagnol. Madrid était dans son droit.

Le silence embarrassant de Merz

Pourtant, à Washington, Friedrich Merz n'a pas bronché. Assis aux côtés de Trump pendant que ce dernier multipliait les attaques contre l'Espagne, le chancelier allemand est « resté assis dans le silence », selon Politico. Une attitude qui a profondément « surpris » les autorités espagnoles, comme l'a reconnu le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares. Le gouvernement allemand a tenté de rattraper le coup en affirmant que « le chancelier a ensuite parlé de cet échange » et « indiqué clairement que l'Europe présentait un front uni sur les questions commerciales ». Mais le mal était fait.

La vice-Première ministre espagnole Yolanda Díaz n'a pas tardé à réagir. S'adressant à Politico, elle a accusé le gouvernement allemand d'être des « vassaux qui rendent hommage à Trump » et a dénoncé leur manque de leadership. « Merz a transformé l'Allemagne en vassal des États-Unis », a-t-elle déclaré. Pour l'Espagne, ce silence est perçu comme un manquement grave à la solidarité européenne, d'autant que Madrid défendait une position de principe fondée sur le droit international.

Deux appels, aucune réponse

Selon le porte-parole de Merz, Stefan Kornelius, le chancelier allemand a tenté de joindre Pedro Sanchez à deux reprises après l'incident. En vain. La raison ? Un numéro de téléphone erroné. Le Premier ministre espagnol changerait régulièrement de numéro pour des raisons de sécurité. Un porte-parole du gouvernement espagnol a confirmé qu'une mise à jour des coordonnées avait été envoyée à Berlin, mais que les deux dirigeants n'avaient toujours pas parlé. Merz aurait même laissé un message vocal, rapporte Politico.

Cette anecdote cocasse ne dissimule pas la gravité de la situation. Les relations germano-espagnoles traversent une période de tensions inédites. Pour Madrid, le comportement de Berlin lors de cette crise révèle une faille dans la solidarité européenne. L'Espagne, qui s'est érigée en l'un des critiques les plus virulents de Donald Trump au sein de l'Union européenne, attendait un soutien plus ferme de ses partenaires, en particulier de l'Allemagne, traditionnellement considérée comme un pilier de l'UE.

La France et d'autres membres de l'Union européenne ont, en revanche, apporté leur soutien à l'Espagne face aux menaces américaines, réaffirmant l'importance de l'unité européenne. Mais le silence de Merz à Washington continue de faire débat. Dans un contexte où les partenariats militaires transatlantiques se renforcent, l'absence de réaction du chancelier allemand face aux attaques de Trump contre un partenaire européen interroge sur la cohésion de l'Alliance atlantique. Si le chancelier allemand espère apaiser les tensions avec Madrid, il devra faire plus qu'un simple appel téléphonique. Le dialogue diplomatique, aussi essentiel soit-il, ne pourra effacer l'impression laissée par ce moment de silence dans le Bureau ovale.

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