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Tourisme aux États-Unis : les Français tournent le dos à l'Amérique de Trump

Près d'un Français sur deux refuse désormais de se rendre aux États-Unis, selon un sondage Ifop réalisé en janvier 2026 pour le site Partir à New York. Avec une cote de sympathie tombée à 22 %, un niveau historiquement bas, l'Amérique de Donald Trump subit un désamour sans précédent qui se traduit par un effondrement des réservations touristiques et une fracture profonde dans les relations transatlantiques.

Les chiffres sont sans appel. D'après cette enquête menée auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française, 46 % des sondés déclarent ne pas souhaiter voyager outre-Atlantique, contre 44 % un an plus tôt. Parmi les réfractaires, 59 % invoquent directement la politique menée par Donald Trump comme motif de leur refus. La destination qui faisait jadis rêver des millions de Français semble avoir perdu une grande part de son magnétisme.

Le désamour dépasse largement la question du voyage. L'image globale des États-Unis s'est effondrée : seuls 22 % des Français expriment de la sympathie pour le pays, contre 65 % en 2010 sous la présidence de Barack Obama. Une chute de 43 points en quinze ans qui illustre une rupture historique dans le lien franco-américain. Plus inquiétant encore, 42 % des personnes interrogées considèrent désormais les États-Unis comme un pays « ennemi », contre 30 % en avril 2025.

Un président américain massivement rejeté par l'opinion française

La figure de Donald Trump cristallise l'essentiel du rejet. Selon le sondage Ifop, 81 % des Français ont une mauvaise opinion du président américain, dont 55 % une opinion « très négative ». Il est jugé « agressif » par 86 % des personnes interrogées et « dangereux » par 82 % d'entre elles. Un portrait au vitriol qui traduit l'ampleur du fossé entre les deux rives de l'Atlantique.

La défiance ne se cantonne plus au terrain symbolique. Une courte majorité de Français (51 %) estime que les États-Unis de Trump constitueront, dans les années à venir, une menace militaire pour la France. Ce chiffre grimpe à 60 % chez les moins de 35 ans. Dans ce contexte, 64 % des sondés jugent que la France a besoin d'un système de défense « totalement indépendant » des États-Unis.

Les tensions commerciales alimentent également la crispation. Les menaces de taxes de 200 % sur le vin et le champagne français brandies par Washington, ou encore l'affaire « Free Marine Le Pen » et les menaces de représailles américaines contre la justice française, ont contribué à durcir le sentiment anti-américain dans l'Hexagone.

Un impact économique bien réel sur le secteur touristique

Ce refroidissement se traduit concrètement dans les carnets de réservation. Selon le baromètre Orchestra pour L'Écho touristique, les réservations vers les États-Unis ont chuté de 40 % en janvier 2026, après un recul déjà marqué de 24 % en janvier 2025. Les entreprises membres du Seto ont enregistré une baisse de 14,6 % des voyages organisés vers la destination sur l'exercice 2024-2025, et les réservations pour l'été 2026 accusent un plongeon de plus de 29 %.

À l'échelle mondiale, les arrivées internationales aux États-Unis auraient reculé d'environ 9,4 % en 2025 selon Tourism Economics. Le manque à gagner pour l'industrie touristique américaine est estimé à 12,5 milliards de dollars par le World Travel & Tourism Council. Les voyagistes français observent un report massif vers des destinations alternatives comme le Canada ou le Mexique.

Au-delà de la politique, d'autres facteurs pèsent dans la balance. La hausse généralisée des prix aux États-Unis, l'augmentation des tarifs d'entrée dans les parcs nationaux pour les non-résidents et le projet de l'administration Trump d'exiger des visiteurs exemptés de visa qu'ils fournissent l'historique de leurs réseaux sociaux sur cinq ans achèvent de décourager les candidats au voyage.

Paradoxe de cette crise : les voyageurs qui se rendent effectivement aux États-Unis ne rapportent aucune difficulté particulière aux contrôles d'immigration ni dans leurs échanges avec la population américaine. Le boycott semble davantage relever d'un choix de principe que d'une expérience négative vécue. Reste que la perception, comme souvent, pèse plus lourd que la réalité. Et pour l'heure, rien ne laisse présager un réchauffement du climat transatlantique.

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