Cocaïne : la France pulvérise ses records de saisies avec 42 tonnes au premier semestre 2025
La lutte contre le narcotrafic franchit un cap historique en France. Selon une note confidentielle de l'Office anti-stupéfiants (Ofast), 42,3 tonnes de cocaïne ont été saisies au premier semestre 2025, pulvérisant tous les records. Une augmentation de 45% par rapport à la même période en 2024, qui témoigne à la fois de l'intensification du trafic et du renforcement des moyens de répression.
Les chiffres donnent le vertige. En seulement six mois, les autorités françaises ont intercepté davantage de cocaïne que sur l'ensemble de l'année 2023. Le port du Havre reste l'épicentre de ce trafic maritime, concentrant à lui seul plus de 14 tonnes de saisies en 2024. « 75% de la cocaïne saisie arrive par voie maritime », précisent les services de renseignement.
L'année 2024 avait déjà marqué un tournant avec 49 tonnes interceptées, plus du double des 23 tonnes de 2023. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau avait annoncé ces résultats mi-janvier depuis Le Havre, principal point d'entrée de la drogue sur le territoire national. La tendance s'est encore accélérée en 2025.
La Marine nationale bat tous les records
Sur les mers, la Marine nationale a réalisé une performance exceptionnelle. Ses unités ont intercepté 83,3 tonnes de stupéfiants en 2025, dont environ 58 tonnes de cocaïne, représentant une valeur estimée à 3,6 milliards d'euros à la revente. Une hausse de 72% par rapport aux 48,3 tonnes de 2024.
L'opération la plus spectaculaire s'est déroulée en septembre dernier au large de l'Afrique de l'Ouest. Les forces navales ont saisi 9,6 tonnes de cocaïne à bord d'un navire de pêche sans pavillon. Ces opérations s'appuient sur une coopération internationale renforcée via le centre d'analyse maritime de Lisbonne (MAOC-N), associant douanes, Ofast et partenaires étrangers.
Un marché en pleine expansion
Ces saisies record ne suffisent pas à endiguer le flot. Le prix moyen au gramme a chuté à 58 euros en 2024, soit une baisse de 12% — la première en dix ans. Paradoxalement, la pureté du produit a grimpé de 53% en 2014 à 75% aujourd'hui. Le trafic s'étend désormais « à la quasi-intégralité du territoire », selon l'Ofast.
L'attractivité économique explique cette explosion. Entre la Colombie et la France, le prix de gros de la cocaïne est multiplié par 25, contre seulement 3 pour la résine de cannabis. Cette rentabilité pousse les réseaux français à investir massivement dans la poudre blanche. En 2024, 1 640 passeurs ont été interpellés, principalement en provenance des Antilles et de Guyane, transportant en moyenne 2,85 kilos chacun.
La consommation explose également. En 2023, 1,1 million de Français ont consommé de la cocaïne au moins une fois, contre 600 000 un an plus tôt. Les trafiquants diversifient leurs méthodes : avions, bateaux, semi-submersibles, véhicules, mules et colis. Face à cette déferlante, les autorités françaises intensifient leur arsenal répressif, mais la bataille semble loin d'être gagnée.