Gavin Newsom à Davos : « L'Europe doit donner un coup de poing à Trump »
Invité du Forum économique mondial de Davos, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a livré une charge frontale contre Donald Trump et appelé les dirigeants européens à « développer une colonne vertébrale » face aux menaces américaines sur le Groenland. Une interview exclusive recueillie par Paul Moisson pour Quotidien.
« Punch him in the face » — « donnez-lui un coup de poing au visage ». La formule, lancée par Gavin Newsom en marge du Forum de Davos ce lundi 20 janvier, résume à elle seule la posture offensive adoptée par le gouverneur californien. Face aux journalistes, dont Paul Moisson de l'émission Quotidien, l'élu démocrate n'a pas mâché ses mots pour décrire ce qu'il considère comme une capitulation européenne face à l'administration Trump.
« Les gens se soumettent. J'aurais dû apporter des genouillères pour tous les dirigeants mondiaux », a-t-il ironisé, qualifiant l'attitude des Européens de « pathétique ». Une critique qui intervient alors que Donald Trump vient d'annoncer des droits de douane de 10% sur les importations de huit pays européens ayant soutenu le Danemark dans l'affaire du Groenland.
« Trump se nourrit de la faiblesse »
Pour Newsom, la stratégie d'apaisement est vouée à l'échec. « Donald Trump se nourrit de la faiblesse, point final. Il n'a aucune civilité, aucune décence. Il ne respecte aucune règle. La règle de Donald Trump, c'est la loi de la jungle », a-t-il martelé. Le gouverneur compare le président américain à un « T-Rex » : « Soit vous vous accoupllez avec lui, soit il vous dévore. »
L'offensive de Newsom ne se limite pas aux déclarations. La veille, il s'était installé au premier rang lors de l'intervention du secrétaire au Trésor Scott Bessent, prenant ostensiblement des notes et le narguant tout au long de la séance. Une provocation assumée de la part de celui qui est considéré comme le principal ennemi politique de Trump au sein du camp démocrate.
Sur le dossier du Groenland, que Trump souhaite annexer au nom de la sécurité nationale américaine, Newsom balaie les ambitions présidentielles d'un revers de main. « Cet exercice sur le Groenland est une blague. Il se peint lui-même dans un coin, c'est tellement évident. Il ne va pas envahir et il n'a pas tant de cartes à jouer », analyse-t-il, appelant l'Union européenne à saisir cette « opportunité de lui mettre un coup de poing au visage ».
L'Europe divisée cherche sa réponse
Les propos de Newsom font écho aux tensions croissantes entre Washington et Bruxelles. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié les tarifs douaniers prévus d'« erreur entre alliés de longue date », tandis qu'Emmanuel Macron brandit l'instrument anti-coercition, surnommé le « bazooka » commercial européen.
Un sommet d'urgence de l'UE était prévu jeudi pour coordonner la réponse face aux menaces américaines. Trump a également menacé la France de taxes de 200% sur le vin et le champagne, alimentant la crainte d'une guerre commerciale transatlantique.
Pour Gavin Newsom, qui n'exclut pas une candidature présidentielle en 2028, cette séquence à Davos permet de se positionner comme la voix de l'opposition américaine sur la scène internationale. « Cessez d'essayer de l'apaiser. Combattez le feu par le feu », a-t-il lancé en guise de conseil aux Européens, avant d'ajouter : « Il recule quand on lui met un coup de poing au visage. »