Groenland : Trump suspend les droits de douane après un accord-cadre avec l'OTAN
Coup de théâtre à Davos. Donald Trump a annoncé mercredi 22 janvier sur son réseau Truth Social qu'il renonçait à imposer des droits de douane à huit pays européens, initialement prévus le 1er février. Cette décision intervient après une réunion qualifiée de « très productive » avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, au cours de laquelle les deux dirigeants auraient établi « le cadre d'un futur accord concernant le Groenland ».
« Sur la base de cette entente, je n'imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février », a écrit le président américain, sans toutefois dévoiler les détails de ce mystérieux « accord-cadre ». Une annonce qui a immédiatement fait bondir les marchés financiers, Wall Street saluant cette désescalade inattendue.
Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande étaient dans le collimateur du milliardaire républicain. Ces huit pays devaient subir une surtaxe de 10 % sur leurs exportations vers les États-Unis dès le 1er février, avec une augmentation programmée à 25 % le 1er juin. Ces mesures punitives devaient s'appliquer « jusqu'à ce qu'un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland », avait menacé Trump samedi dernier.
Un apaisement après des semaines de tensions
Cette annonce marque un tournant dans la rhétorique agressive du président américain. Quelques heures plus tôt, lors de son intervention à Davos, Trump avait déjà tempéré ses propos en excluant pour la première fois l'usage de la force pour s'emparer du territoire danois autonome. « Les gens pensaient que j'utiliserais la force. Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force », avait-il déclaré.
Du côté de l'OTAN, la porte-parole Allison Hart a confirmé la tenue d'une réunion « productive » entre Trump et Rutte. « Le cadre auquel le président fait référence se concentrera sur la sécurité de l'Arctique grâce aux efforts collectifs des Alliés, en particulier des sept Alliés arctiques », a-t-elle précisé. Elle a ajouté que « les négociations entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis se poursuivront afin de garantir que la Russie et la Chine ne prennent jamais pied, économiquement ou militairement, au Groenland ».
Mark Rutte, présent au Forum économique mondial, avait plaidé plus tôt pour une « diplomatie réfléchie » comme seul moyen de gérer la crise. Le Néerlandais s'est dit convaincu que les États-Unis resteraient solidaires de leurs alliés européens malgré les tensions récentes. Une position qui semble avoir porté ses fruits.
Le « Dôme d'or » en toile de fond
Donald Trump a également évoqué des « discussions complémentaires » concernant le « Dôme d'or » et son lien avec le Groenland, sans plus de précisions. Ce projet de bouclier antimissile, inspiré du système israélien, constitue l'une des priorités du second mandat Trump. Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio et l'envoyé spécial Steve Witkoff ont été chargés de poursuivre les négociations.
Cette volte-face intervient alors que plusieurs pays européens avaient renforcé leur présence militaire au Groenland ces dernières semaines, une initiative que Trump avait qualifiée de « jeu très dangereux ». La France avait notamment annoncé l'envoi de renforts militaires terrestres, aériens et maritimes dans la région arctique, tandis que l'Union européenne brandissait son instrument anti-coercition face aux menaces américaines.
Si les contours de cet accord-cadre restent flous, cette annonce offre un répit aux économies européennes qui redoutaient les effets dévastateurs d'une guerre commerciale transatlantique. Reste à savoir si cette trêve sera durable ou si elle ne constitue qu'une pause tactique dans la stratégie trumpienne de pression maximale.