SNCF : la classe Optimum interdite aux moins de 12 ans enflamme les réseaux sociaux
La SNCF se retrouve au cœur d'une vive polémique après le lancement de sa nouvelle classe Optimum, un espace premium interdit aux enfants de moins de 12 ans. Cette restriction, présentée comme une garantie de calme et de confort pour les voyageurs professionnels, a déclenché l'indignation sur les réseaux sociaux et jusqu'au gouvernement.
Lancée le 8 janvier dernier en remplacement de la Business première, la classe Optimum et sa version Plus proposent une expérience de voyage haut de gamme sur certaines lignes TGV. Disponible uniquement sur les trajets au départ de Paris, et exclusivement entre Paris et Lyon pour la version Plus, cette offre promet des sièges plus spacieux, un nombre limité de passagers et un « accompagnement personnalisé ».
C'est une phrase de la présentation initiale de novembre 2025 qui a mis le feu aux poudres : « Pour garantir un maximum de confort à bord de l'espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés. » Une formulation que beaucoup ont interprétée comme une manifestation de la tendance « no kids », ces espaces conçus exclusivement pour les adultes où les enfants sont perçus comme des nuisances.
La SNCF tente d'éteindre l'incendie
Face au tollé, la compagnie ferroviaire a rapidement modifié sa communication. « Cet espace calme est accessible à partir de 12 ans. Les plus petits sont bien sûr les bienvenus dans le reste du train », peut-on désormais lire sur le site. Gaëlle Babault, directrice des offres TGV Inoui, s'est exprimée sur Instagram pour rassurer : « Non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV. »
L'entreprise publique avance plusieurs arguments pour se défendre. La classe Optimum ne représente que 8 % des places disponibles en semaine, laissant 92 % des sièges accessibles à tous. Le week-end, l'intégralité des places est ouverte à toutes les familles. Par ailleurs, cette restriction d'âge existait déjà dans l'ancienne offre Business première, rappelle la direction.
Chaque année, environ 300 000 enfants voyagent avec le service Junior et Cie de la SNCF. La compagnie assure avoir toujours refusé les pressions pour exclure totalement les jeunes voyageurs de ses trains.
Sarah El Haïry monte au créneau
Ces explications n'ont pas convaincu Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance. « Lorsqu'on donne le sentiment que le confort des adultes passe par l'absence d'enfant, c'est choquant », a-t-elle déclaré sur BFMTV. Elle a annoncé vouloir rencontrer Jean Castex, patron de la SNCF, pour aborder ce sujet sensible.
La responsable gouvernementale a également souligné une contradiction : « On ne peut pas dire, attention on fait moins d'enfants, on a des problèmes de démographie, et envoyer des signaux aussi brutaux. » Elle plaide pour une approche différente : « Une société qui accueille bien ses enfants est une société qui va bien. Le train doit en être le reflet. »
Au-delà de la polémique, cette affaire interroge sur la place des familles dans les transports publics. Plutôt que d'exclure, certains réclament des aménagements adaptés : espaces de jeux, allées plus larges, zones dédiées aux poussettes. L'Espagne a récemment pris le contre-pied en lançant un abonnement à 60 euros par mois pour voyager dans tout le pays, sans restriction d'âge.
La pétition lancée sur Change.org contre les wagons sans enfants continue de recueillir des signatures. Les associations de parents et défenseurs des droits de l'enfant rappellent que les plus jeunes ont des droits légitimes dans les espaces de transport public. Le débat ne fait que commencer.