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Viwone, le sponsor fantôme de la Ligue 1 attaqué par Booba et Lassana Diarra

La marque de casques audio Viwone, qui a affiché son logo sur les maillots de plusieurs clubs de Ligue 1 entre 2022 et 2023, se retrouve au cœur d'une tempête judiciaire et médiatique. Fondée par le mystérieux Omar Sylla, l'entreprise fait face aux accusations publiques du rappeur Booba, qui dénonce une arnaque, et à une action en justice de l'ancien international français Lassana Diarra, réclamant 14 millions d'euros pour des transferts de fonds présumés frauduleux.

L'affaire Viwone est devenue l'un des dossiers les plus intrigants du football français. Comment une marque de casques audio quasi inconnue, à peine commercialisée, a-t-elle pu s'offrir des partenariats avec des clubs aussi prestigieux que l'AS Monaco, le LOSC, Montpellier ou encore Angers ? C'est la question que se posent désormais enquêteurs et observateurs du sport business hexagonal.

Créée officiellement en 2015 et relancée en 2022, Viwone se présentait comme « la nouvelle référence française des casques audio haut de gamme », avec des produits affichés entre 279 et 479 euros. La marque avait recruté comme ambassadeurs les footballeurs Blaise Matuidi, champion du monde 2018, et Karl Toko Ekambi, international camerounais. Un marketing séduisant, mais qui masquait une réalité bien plus trouble.

Un fondateur au profil opaque et des clubs qui prennent leurs distances

Derrière Viwone se trouve Omar Sylla, également connu sous le nom d'Omar Bounamin. Selon l'enquête publiée par L'Équipe, le personnage se présente comme un cheikh, mais son profil demeure largement opaque. Les documents disponibles indiquent une naissance en 1980 à Riyad, ses réseaux sociaux sont fermés, et son entourage a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Le sponsoring de Viwone en Ligue 1 a été aussi fulgurant qu'éphémère. L'AS Monaco a accueilli la marque comme « Partenaire Premium » et sponsor maillot dos de janvier à juin 2023, un contrat facilité par l'agence SPORTFIVE. Le LOSC a pris ses distances après des interrogations sur la crédibilité de l'entreprise. Montpellier a mis fin à son partenariat après un paiement partiel. Même le club de basket de Nanterre, qui avait signé un bref contrat de 10 000 euros, a tourné la page.

Le problème central reste le produit lui-même. Malgré un marketing soigné et des ambassadeurs de renom, les casques Viwone n'ont jamais été véritablement commercialisés. Disponibles uniquement en précommande sur le site de la marque, ils semblent n'avoir jamais été livrés aux clients, selon de nombreux témoignages recueillis en ligne. Une situation qui rappelle d'autres affaires douteuses qui prospèrent sur la promesse d'un produit inexistant.

Booba en guerre, Diarra réclame 14 millions d'euros

Le rappeur Booba, déjà engagé dans une croisade très médiatisée contre les « influvoleurs », a pris Viwone et Omar Sylla pour cible dès 2023. Sur le réseau social X, l'artiste multiplie les publications dénonçant ce qu'il qualifie d'arnaque pure et simple. « Ce casque n'existe pas », martèle-t-il, accusant Sylla d'avoir notamment floué le rappeur Ninho. Un associé de Sylla a répliqué en affirmant que le produit est réel et en dénonçant une campagne de dénigrement orchestrée.

Mais le volet le plus grave de l'affaire concerne Lassana Diarra. L'ancien milieu de terrain du Real Madrid et de Chelsea affirme avoir transféré 14 millions d'euros entre 2018 et 2022, via 31 virements effectués vers des sociétés basées en Chine et à Hong Kong. Selon lui, une entité nommée Blue Diamond Ltd aurait redirigé une partie de ces fonds et versé au moins 941 000 euros à Viwone par le biais de ventes fictives.

Omar Sylla conteste formellement ces accusations. Il nie être signataire des documents produits par Diarra et a déposé une plainte pour faux et usage de faux. Son entourage assure que les comptes de l'entreprise témoignent d'une activité réelle et de stocks existants, et que les liens avec la Chine se limitent à un partenaire commercial asiatique. Un stock de casques saisi au printemps à la demande de Diarra a d'ailleurs été restitué après une décision d'un tribunal parisien rendue le 3 décembre.

Cette affaire met en lumière les failles du contrôle des sponsors dans le football professionnel français. Comment des clubs de l'élite peuvent-ils nouer des partenariats avec des entreprises dont la solidité financière et la réalité commerciale n'ont pas été vérifiées ? La question est d'autant plus brûlante que la Ligue de football professionnel fait elle-même l'objet de perquisitions dans le cadre d'une enquête distincte sur le contrat avec le fonds CVC.

Le dossier Viwone est désormais entre les mains de la justice. Qu'il s'agisse des accusations de Booba, des réclamations financières de Lassana Diarra ou des questions sur la réalité même du produit commercialisé, toutes les pistes convergent vers un même constat : le sponsoring sportif, en l'absence de régulation stricte, peut devenir un terrain fertile pour les entreprises les plus opaques.

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