Vol Air France AF895 : 469 passagers terrorisés par un réacteur en flammes en Martinique
Scène de panique à bord du vol AF895 d'Air France, samedi 21 février au soir. À peine une minute après son décollage de l'aéroport Aimé-Césaire du Lamentin, en Martinique, le Boeing 777-300ER à destination de Paris a été contraint de faire demi-tour en urgence après que son réacteur droit s'est mis à cracher des flammes et des étincelles. Les 469 passagers, terrorisés, ont finalement atterri sains et saufs.
Il est environ 20h45 lorsque le long-courrier s'arrache de la piste martiniquaise pour entamer les quelque 7 000 kilomètres qui le séparent de Paris-Charles de Gaulle. Le décollage se déroule normalement, mais le répit sera de courte durée. « Au bout d'à peine une minute de vol, le moteur droit a commencé à pomper », raconte le commandant de bord Richard Reclus. Ce phénomène de pompage, un défaut de circulation d'air dans le réacteur, provoque des détonations spectaculaires et des gerbes de flammes visibles depuis le sol.
Des habitants des communes de Ducos et du François, témoins de la scène depuis la terre ferme, ont filmé les flammes et les explosions à l'arrière de l'appareil. Les vidéos, rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux, montrent des lueurs orangées inquiétantes dans le ciel nocturne de la Martinique.
Des passagers sous le choc
À bord, c'est la stupeur. José, l'un des 469 passagers, témoigne : « On a vu des étincelles, puis entendu un bruit très fort, répété, comme des explosions. C'était impressionnant. » Un autre voyageur confie, encore ébranlé : « On s'est pris dans les bras pour se rassurer. Ça va très vite. Je suis encore un peu choqué. » Une étudiante, visiblement soulagée d'avoir retrouvé la terre ferme, ajoute : « Ce n'était pas facile, ça fait peur surtout que ce n'est pas habituel. Je suis soulagée, contente d'être sur la terre ferme. »
Malgré la frayeur générale, l'équipage a réagi avec un sang-froid exemplaire. « Immédiatement, on a lancé des procédures. On fait une annonce aux passagers, on prépare l'équipage à un retour, qui s'est passé parfaitement bien », explique le commandant Reclus. Le Boeing 777 a ensuite tourné plusieurs minutes face à la baie de Fort-de-France afin d'ajuster sa trajectoire et de gérer le poids de l'appareil avant de se poser en toute sécurité.
Un incident spectaculaire mais maîtrisé
L'expert en aéronautique Vincent Heidelberg se veut rassurant : « C'est très spectaculaire, parce qu'on a ces bangs assez caractéristiques et réguliers, et des flammes qui peuvent faire peur aux passagers. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, nous avons des avions à deux moteurs et que ces avions sont justement faits pour fonctionner sur un seul moteur. » Selon lui, ce type d'incident, bien que rare, est parfaitement géré par les protocoles en vigueur.
Air France a confirmé l'incident dans un communiqué, rappelant que « les pompages moteurs sont des événements connus et maîtrisés » et que les équipages « font l'objet d'entraînements réguliers, plusieurs fois par an, pour gérer ce type d'événements ». La compagnie a immédiatement pris en charge les passagers à l'aéroport du Lamentin, leur offrant hébergement et restauration. Un appareil de remplacement a été spécialement affrété pour assurer le départ vers Paris le lundi 23 février.
Cet incident n'est pas sans rappeler le déroutement d'urgence d'un vol Air France Paris-Ajaccio vers Lyon survenu en décembre dernier. Une enquête a été ouverte par le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) afin de déterminer les causes exactes du pompage moteur sur le vol AF895.