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Algérie : 6 morts et 150 habitations détruites par les incendies

L'Algérie fait face à une vague d'incendies sans précédent depuis le début du mois de juillet 2026. Selon le bilan officiel publié le 21 juillet par le ministère de l'Intérieur, six personnes ont perdu la vie et environ 150 habitations ont été endommagées, principalement dans la localité de Seraïdi, située dans la wilaya d'Annaba. Ces feux interviennent dans un contexte de canicule sévère, avec des températures dépassant les 47°C et atteignant même des pointes à 48°C dans certaines régions du pays. Cette catastrophe survient alors que l'Algérie est déjà endeuillée par le tragique incendie d'un orphelinat à Mohammadia qui a fait 11 morts.

Depuis le début du mois de juillet, pas moins de 1 437 incendies ont été recensés à travers le territoire national, dont 465 feux de forêt répartis sur 35 wilayas et 972 feux de cultures agricoles touchant 47 wilayas. Entre le 8 et le 15 juillet, la situation s'est particulièrement aggravée avec 932 incendies enregistrés, soit une moyenne alarmante de 116 feux par jour. Les wilayas du Nord, caractérisées par une couverture végétale plus dense et par des forêts de chênes-lièges centenaires, figurent parmi les zones les plus durement touchées par ces sinistres. Les massifs forestiers de Kabylie, de l'Edough près d'Annaba et des monts de Collo ont été particulièrement affectés par les flammes.

Une situation trois fois plus grave qu'en 2025

La comparaison avec l'année précédente révèle l'ampleur exceptionnelle de la catastrophe. Depuis le mois de mai, l'Algérie a enregistré 3 719 incendies, contre 1 501 à la même période en 2025, soit plus du double. Les dégâts matériels sont tout aussi préoccupants : plus de 1 666 hectares de végétation ont été détruits depuis mai 2026, contre seulement 467 hectares l'année précédente. Cette multiplication par trois des surfaces ravagées témoigne de l'intensité et de la rapidité de propagation des flammes, favorisées par des conditions climatiques extrêmes et une sécheresse prolongée qui sévit depuis plusieurs mois. Les experts forestiers s'inquiètent de la perte irrémédiable de biodiversité et du temps nécessaire à la régénération des écosystèmes touchés.

Face à l'urgence, les autorités algériennes ont déployé des moyens considérables pour lutter contre les flammes. Quelque 19 000 agents de la Protection civile ont été mobilisés sur le terrain, avec l'appui de l'armée nationale et de moyens aériens pour circonscrire les foyers les plus importants. Des avions bombardiers d'eau et des hélicoptères de type Puma ont été engagés dans les opérations d'extinction, notamment dans les zones difficiles d'accès. Le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud, s'est rendu personnellement à Guelma le 23 juillet 2026 sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune pour constater l'ampleur des dégâts et coordonner les opérations de secours. « La mobilisation de tous les moyens humains et matériels reste notre priorité absolue pour protéger les populations et limiter les pertes », a déclaré le ministre lors de sa visite.

Quatre pyromanes présumés écroués

Au-delà des facteurs climatiques, l'origine criminelle de certains incendies a été confirmée par les enquêtes menées par les services de sécurité. Quatre personnes soupçonnées d'actes de pyromanie ont été écrouées, laissant entrevoir une dimension intentionnelle dans cette catastrophe écologique et humaine. Les autorités ont renforcé la surveillance et les patrouilles préventives dans les zones forestières à risque, tout en appelant la population à la plus grande vigilance. Les investigations se poursuivent pour identifier d'éventuels autres responsables et comprendre les motivations derrière ces actes criminels qui aggravent un contexte déjà critique. Des sanctions sévères sont prévues par le code pénal algérien pour les auteurs d'incendies volontaires, pouvant aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.

Alors que les températures restent anormalement élevées et que la saison estivale n'est pas terminée, les autorités algériennes maintiennent leur dispositif d'urgence en état d'alerte maximale. La Protection civile continue de surveiller étroitement l'évolution de la situation météorologique et forestière, tandis que les populations des zones à risque sont invitées à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité. Cette tragédie rappelle la vulnérabilité croissante du bassin méditerranéen face aux incendies de végétation, amplifiés par le réchauffement climatique. Comme le rapportent les experts, l'Europe et le pourtour méditerranéen se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète, multipliant les épisodes caniculaires et les risques d'incendies.

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