Temu, Shein, AliExpress : la facture salée pour les colis chinois
Fini les bonnes affaires sans frais sur Temu, Shein et AliExpress. À partir du 1er juillet 2026, tous les petits colis importés de Chine dans l'Union européenne seront soumis à une taxe minimale de 3 euros, mettant fin à l'exemption douanière qui profitait jusqu'ici aux achats de moins de 150 euros. Une décision qui va considérablement alourdir la facture des millions d'Européens accros aux plateformes low-cost chinoises.
Les ministres des Finances européens ont scellé en novembre 2025 un accord politique pour mettre fin à une faille douanière devenue insoutenable. Jusqu'à présent, les colis d'une valeur inférieure à 150 euros échappaient aux droits de douane, permettant aux géants du e-commerce chinois d'inonder le marché européen de produits ultra-bon marché. Résultat : plus de 4,6 milliards de petits envois ont pénétré l'UE en 2024, soit près de 12 millions de colis par jour, dont plus de 90 % en provenance directe de Chine.
Cette explosion des volumes a provoqué l'ire des commerçants européens, dénonçant une concurrence déloyale. Les plateformes chinoises profitaient non seulement de coûts de production dérisoires, mais aussi d'un avantage fiscal considérable. Désormais, chaque colis se verra appliquer une taxe de 3 euros, calculée par catégorie de produit. Concrètement, un paquet contenant trois t-shirts identiques sera taxé 3 euros, mais un colis renfermant un t-shirt, une brosse et un jouet sera facturé 9 euros.
Des frais qui s'accumulent : jusqu'à 12 euros par colis
Mais la mauvaise nouvelle ne s'arrête pas là. À partir de novembre 2026, des frais de traitement européens de 2 à 4 euros par catégorie de produit viendront s'ajouter pour financer le renforcement des activités douanières. La France, la Belgique et les Pays-Bas ont d'ailleurs décidé d'anticiper cette mesure dès janvier 2026, le Sénat français ayant même porté ce montant à 5 euros.
Les députés français ont approuvé dans le cadre du budget 2026 une taxe supplémentaire de 2 euros sur les petits colis, spécifiquement ciblée contre les plateformes asiatiques. Au total, un consommateur français pourrait donc payer jusqu'à 12 euros de taxes et frais divers pour un simple colis Temu ou Shein, sans compter les droits de douane classiques qui s'appliquent désormais « dès le premier euro ».
La fin d'un modèle économique ultra-compétitif
Cette révolution douanière marque un tournant dans les rapports commerciaux entre l'Europe et la Chine. Les taxes douanières sont devenues un instrument politique majeur pour protéger les industries locales face à l'invasion des produits à bas prix. Les plateformes chinoises, qui ont bâti leur succès sur des marges minimes et des volumes colossaux, devront repenser leur stratégie européenne.
Pour les consommateurs, l'ère des achats compulsifs à petit prix touche à sa fin. Un t-shirt à 2 euros sur Temu pourrait finalement coûter plus de 10 euros une fois toutes les taxes appliquées, rendant ces plateformes beaucoup moins attractives. Reste à savoir si cette mesure suffira à endiguer le raz-de-marée des colis chinois ou si elle ne fera que déplacer le problème vers d'autres canaux d'importation.