Amazon supprime 14 000 postes pour investir massivement dans l'IA
Le géant du e-commerce Amazon a annoncé ce mardi la suppression de 14 000 postes dans le cadre d'une restructuration stratégique visant à intensifier ses investissements dans l'intelligence artificielle. Cette décision, qui s'inscrit dans un contexte de transformation numérique accélérée, marque un tournant majeur dans la politique d'emploi du groupe fondé par Jeff Bezos.
Selon Beth Galetti, vice-présidente d'Amazon, ces suppressions de postes concernent principalement des fonctions supports et stratégiques : ressources humaines, publicité et cadres dirigeants. Sur les 1,5 million d'employés que compte Amazon, environ 350 000 occupent des postes de bureau. Les 14 000 suppressions annoncées représentent ainsi près de 4% de ces effectifs administratifs.
Cette annonce a provoqué une onde de choc dans le secteur technologique. "Le monde évolue rapidement", a justifié Beth Galetti en liant directement cette décision au développement de l'intelligence artificielle générative. Le PDG d'Amazon, Andy Jassy, avait déjà averti en juin dernier que l'essor de l'IA générative allait inévitablement réduire les effectifs de bureaux dans les années à venir.
Un investissement colossal dans les infrastructures IA
Parallèlement à ces suppressions, Amazon prévoit de construire pour 125 milliards de dollars de centres de données en 2026, destinés à répondre à la demande croissante en matière d'intelligence artificielle. En 2025, le groupe avait déjà prévu 118 milliards d'investissements, dont une part considérable consacrée aux infrastructures cloud et IA.
Cette stratégie illustre un bouleversement profond du marché du travail face à l'IA, où les entreprises tech réallouent massivement leurs ressources humaines et financières. Les économies réalisées sur les salaires seront directement réinvesties dans le développement de technologies d'intelligence artificielle.
Selon les sources internes, ces 14 000 postes ne constituent qu'une première vague. Amazon envisagerait de poursuivre en 2026 le recrutement dans certains domaines stratégiques tout en identifiant d'autres opportunités de suppressions. Cette approche progressive pourrait conduire à des dizaines de milliers de suppressions supplémentaires dans les prochaines années.
Une tendance qui s'étend au-delà d'Amazon
Amazon n'est pas isolé dans cette démarche. L'ensemble du secteur technologique procède à des restructurations similaires pour financer la course à l'intelligence artificielle. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ont collectivement supprimé des centaines de milliers d'emplois ces dernières années tout en multipliant les investissements dans l'IA.
Les syndicats et organisations de défense des travailleurs s'inquiètent de cette tendance. Les métiers intellectuels, longtemps considérés comme protégés de l'automatisation, sont désormais directement menacés par les capacités croissantes de l'IA générative. Les jeunes diplômés, traditionnellement recrutés massivement par les géants tech, sont particulièrement exposés à cette transformation.
Pour l'instant, Amazon n'a pas précisé quels pays seraient concernés par ces suppressions de postes. Le groupe, présent dans de nombreux marchés internationaux, pourrait procéder à des coupes dans plusieurs régions simultanément. Les employés concernés devraient être informés dans les prochaines semaines.
Cette annonce confirme que la révolution de l'intelligence artificielle ne se limite pas à des innovations technologiques : elle redéfinit profondément la nature du travail, les compétences recherchées et l'organisation des entreprises. La question demeure de savoir si les gains de productivité générés par l'IA compenseront les pertes d'emplois massives dans le secteur tertiaire.