Visa de travail en Italie : près de 500 000 entrées autorisées par un nouveau décret
Le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni a approuvé lundi soir un décret autorisant l'entrée de 497 550 travailleurs non européens entre 2026 et 2028. Pour 2026, ce sont 164 850 visas qui seront délivrés, marquant une augmentation de 6% par rapport à la période 2023-2025.
Ce mécanisme, baptisé « Decreto Flussi », encadre chaque année les flux migratoires de travail en Italie. Le décret répartit ces autorisations entre le travail non saisonnier et indépendant d'une part, et le travail saisonnier dans les secteurs agricole et touristique d'autre part. Environ 267 000 des 497 550 permis seront alloués aux emplois saisonniers, tandis que 230 550 concerneront les emplois non saisonniers, incluant les travailleurs indépendants.
Pour 2026 spécifiquement, 88 000 visas sont réservés au travail saisonnier et environ 76 000 aux emplois permanents dans divers secteurs. Le ministère de l'Intérieur ouvrira son système en ligne « click-day » plus tôt que d'habitude : le 12 janvier pour les emplois agricoles saisonniers, le 9 février pour le tourisme, le 16 février pour les embauches permanentes et le 18 février pour les emplois domestiques.
Des pays prioritaires bénéficiaires
Le décret italien accorde une priorité aux ressortissants de 38 pays ayant conclu des accords bilatéraux de réadmission ou de coopération en matière de travail. Parmi eux figurent le Pakistan, le Bangladesh, l'Albanie, l'Égypte, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Nigeria, le Sénégal, l'Inde, le Sri Lanka et l'Ukraine. Pour 2026, 25 000 visas de travail sont spécifiquement réservés aux citoyens de ces pays prioritaires, un quota qui sera reconduit chaque année.
Cette ouverture contraste avec le programme électoral anti-immigration sur lequel Giorgia Meloni a bâti sa victoire. Face au vieillissement de la population et à une pénurie criante de main-d'œuvre, le gouvernement italien a dû adapter sa politique. Les secteurs de l'agriculture, du tourisme, de la construction et des services à la personne sont particulièrement touchés par ce manque de travailleurs qualifiés.
Des obstacles administratifs persistants
Malgré ces quotas ambitieux, l'efficacité du système reste limitée. Selon les données présentées par la campagne « Ero straniero » (J'étais étranger), seulement 7,8% des quotas d'entrée établis par le gouvernement en 2024 se sont concrétisés en permis de travail et emplois stables. En 2023, ce taux était de 7,5%. Ces chiffres soulignent les obstacles bureaucratiques importants qui entravent le processus d'immigration légale.
Les délais de traitement des demandes, la complexité des procédures administratives et les difficultés de coordination entre les différents ministères expliquent en partie ces résultats décevants. De nombreux employeurs italiens se plaignent de l'impossibilité d'accéder au système « click-day » en raison de la saturation des serveurs dès les premières minutes d'ouverture.
Le décret doit maintenant être examiné par le Parlement italien, qui dispose de 60 jours pour le convertir en loi. Les organisations patronales italiennes saluent cette initiative tout en appelant à une simplification administrative pour garantir que les quotas se traduisent effectivement par des embauches. Les syndicats, de leur côté, réclament de meilleures garanties sur les conditions de travail et les droits des travailleurs migrants.