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Panne Revolut : votre argent est intact, mais qui paie un prélèvement rejeté ?

La panne qui a paralysé Revolut mardi 20 octobre 2026 est terminée, et votre argent n'a pas disparu. Le solde d'un compte reste inscrit dans les livres de la banque, même quand l'application est inaccessible. Reste une question très concrète pour beaucoup de clients : qui paie si un prélèvement a été rejeté ou si un virement est arrivé en retard ?

Pendant plusieurs heures, des clients de la néobanque n'ont pas pu ouvrir l'application, se connecter à leur compte ou payer par carte. Des utilisateurs ont été touchés au Royaume-Uni, en France et en Espagne, selon l'Independent. Selectra a relevé plus de 1 500 signalements sur Downdetector vers 9h, heure de Paris. Le nombre de clients français concernés n'est, lui, pas précisé.

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Nous avions déjà évoqué l'incident dans notre premier article sur la panne de Revolut. Maintenant que tout est rentré dans l'ordre, voici ce qu'il faut retenir, ce que l'on sait de la cause et surtout ce que les clients peuvent faire s'ils ont subi un préjudice.

Revolut se présente comme une banque présente dans plus de 30 pays. Elle revendique plus de 80 millions de clients particuliers dans le monde et plus de 800 000 clients professionnels, d'après l'Independent. À cette échelle, une interruption de quelques heures se remarque tout de suite, d'autant que la banque a obtenu en août sa licence bancaire en France.

Côté chronologie, l'incident commence à 8h08, heure de Paris (7h08 à Londres, 6h08 UTC), selon le tableau de bord de Google. La plupart des services reviennent vers 14h10, heure de Paris (13h10 à Londres). Google a clos l'incident à 16h, d'après sa page dédiée. Revolut a de son côté confirmé le retour à la normale vers 20h, selon Selectra. Le lendemain, 21 octobre, le tableau de bord britannique de la néobanque indiquait que tous les systèmes fonctionnaient, rapporte Tech Times.

Les symptômes étaient nombreux : application inaccessible, paiements par carte refusés, y compris en magasin, virements bloqués, retraits d'espèces perturbés et connexion au compte impossible. La page de statut de Revolut faisait état de 28 services partiellement indisponibles, parmi lesquels les connexions, les paiements par carte, les virements, le change, le trading d'actions et le chat avec le support, d'après Cyber Security News.

Sur la cause, la prudence s'impose. Selon Google, il s'agit d'une coupure d'alimentation électrique dans la zone europe-west2-b de sa région de Londres. Reuters, cité par Cyber Security News, évoque un lien avec Google Cloud via une personne proche du dossier. Revolut n'a pas détaillé l'origine de l'incident dans les sources consultées.

D'autres services britanniques ont connu des difficultés le même jour : Lloyds, HSBC et Royal Mail, selon Selectra, puis Halifax et l'application Emma, d'après Tech Times. Seule Emma attribue explicitement sa panne à Google Cloud. Aucun lien officiel n'a été établi pour les autres.

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Sur le réseau X, Revolut a d'abord écrit : « We are currently experiencing a service disruption affecting multiple features », puis : « Our engineering team is actively working to restore full service as quickly as possible. » Un porte-parole a assuré : « We can confirm that all our customers' money and data are safe ». La version française rapportée par Selectra, via Le Figaro, précise : « Les fonds et les données de nos clients sont en sécurité et n'ont à aucun moment été compromis ».

Votre solde n'a pas disparu

C'est la première inquiétude de ceux qui ont vu leur application muette ou leur carte refusée. Elle est compréhensible, mais elle ne repose sur aucun élément établi. Une panne informatique n'efface pas un solde : celui-ci reste inscrit dans les comptes de la banque. D'après Selectra, la page d'incident de Google ne mentionne d'ailleurs aucune perte de données.

La garantie des dépôts, souvent évoquée dans ces moments-là, n'a pas non plus à intervenir. Elle ne se déclenche qu'en cas de défaillance de la banque, pas lors d'une interruption de service, rappelle Selectra. Une panne, même longue, ne fait donc pas partie des situations où cette protection s'applique.

Pour les clients français, la question de la garantie mérite tout de même d'être posée, car la situation est en train de changer. Aujourd'hui, le compte est tenu par Revolut Bank UAB, en Lituanie. La garantie lituanienne est de 100 000 € par déposant, versés sous 7 jours ouvrables. Sur un compte joint, la limite s'applique à chaque co-titulaire.

Une bascule est prévue du 2 au 5 décembre 2026 vers Revolut Bank S.A., la banque française agréée en août. Les comptes passeraient alors sous la garantie du FGDR, avec le même plafond de 100 000 € et le même délai de 7 jours ouvrables. Précision importante : cette information provient d'un mail du 29 septembre relayé par la presse, et la bascule n'est pas encore effective.

Revolut s'est excusée auprès de ses clients. En revanche, aucune indemnisation n'a été annoncée à ce stade, selon Selectra. Les clients qui ont été gênés devront donc, le cas échéant, faire valoir eux-mêmes leurs demandes.

Prélèvement rejeté : qui paie les frais ?

Voilà la vraie question pour de nombreux clients. Un paiement refusé en magasin n'est, en principe, pas débité : il ne coûte donc rien. Le problème vient des opérations différées. Un prélèvement rejeté ou un virement en retard peut entraîner une pénalité chez un tiers, par exemple pour un loyer, une assurance ou la crèche, sans garantie de remboursement automatique.

Selectra rappelle que le prestataire de paiement est responsable d'une opération mal exécutée. Mais la prise en charge de frais facturés par un tiers s'examine au cas par cas. Autrement dit, il n'existe pas de règle simple qui dirait que Revolut doit rembourser toute pénalité imputable à la panne.

Un point rassurant concerne les frais prélevés par la banque elle-même. Sur 126 banques comparées par Moneyvox, « seul Revolut ne le fait pas » : la néobanque ne facture pas de frais de rejet de prélèvement pour solde insuffisant (page mise à jour le 9 mars 2026). Attention, ce comparatif porte sur le solde insuffisant et non sur une panne technique. Il ne permet donc pas de conclure sur ce qui s'est passé le 20 octobre.

Pour les autres établissements, Moneyvox rappelle que les frais de rejet sont plafonnés à 20 € et qu'ils ne peuvent excéder le montant de l'ordre rejeté, en application de l'article D133-6 du Code monétaire et financier. Cette règle vaut pour le solde insuffisant, et il ne faut pas en tirer de conclusion pour la panne Revolut. Sur la question des frais bancaires, notre article sur les frais injustifiés épinglés par la DGCCRF en février 2026 montre que les clients peuvent obtenir gain de cause quand les frais ne sont pas justifiés.

Sur le plan juridique, le commentaire d'un cabinet d'avocats, Kohen Avocats, apporte des repères. Il s'agit d'une analyse et non d'une décision de justice, ce qui appelle à la nuance. Selon ce cabinet, le prestataire du payeur répond de la bonne exécution de l'opération jusqu'à la réception des fonds par la banque du bénéficiaire (article L.133-22 du Code monétaire et financier).

Le montant doit par ailleurs être crédité au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de l'ordre (article L.133-13). Une opération contestée doit être signalée « sans tarder » et au plus tard 13 mois après le débit (article L.133-24). Si une réclamation écrite reste sans réponse satisfaisante, un médiateur peut être saisi (article L.316-1), mais son avis n'est pas contraignant.

Le cabinet évoque aussi une limite : la force majeure peut suspendre l'obligation du prestataire, ce qui relève de l'appréciation du juge (article 1218 du Code civil). Il précise enfin que les frais doivent être conformes à la convention de compte. Une panne de fournisseur technique relèvera-t-elle ou non de la force majeure ? Rien ne permet de le dire à ce stade.

Pour défendre un dossier, mieux vaut constituer des preuves tant que les souvenirs sont frais. Selectra et Kohen conseillent de rassembler :

  • des captures d'écran horodatées de l'erreur ;
  • des copies des ordres de virement avec la date et l'heure ;
  • des relevés montrant le rejet et les frais ;
  • les courriers de relance du créancier ;
  • les justificatifs d'un paiement de remplacement ;
  • un chiffrage de chaque poste de préjudice.

La réclamation doit être faite par écrit, dans l'application ou par lettre recommandée, avec les captures, la date et l'heure, dès le retour à la normale. Plus la demande est précise et documentée, plus elle a de chances d'être examinée sérieusement.

Pour la suite, quelques réflexes simples, recommandés par Selectra et Tech Times, permettent de limiter les dégâts lors d'une prochaine interruption. Pour savoir d'où vient le problème, testez la connexion en Wi-Fi puis en 4G ou 5G : si l'application reste muette sur les deux, la panne ne vient probablement pas de votre côté.

Gardez aussi une carte d'une autre banque activée, dont vous connaissez le code, ainsi qu'un peu d'espèces. Et si un paiement est refusé, ne le retentez qu'une seule fois avant de changer de moyen de paiement, afin d'éviter les doublons et les blocages.

En résumé, la panne du 20 octobre n'a pas fait disparaître d'argent, et la garantie des dépôts n'a pas lieu d'être invoquée. Les clients qui ont subi un rejet de prélèvement ou un retard de virement et qui ont payé une pénalité peuvent réclamer par écrit, preuves à l'appui. Revolut s'est excusée mais n'a annoncé aucune indemnisation : la prise en charge des frais engagés chez des tiers dépendra, au cas par cas, de la réponse de la banque.

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