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Textile : la Turquie et le Maroc tissent une coopération industrielle face à la concurrence asiatique

La Turquie et le Maroc consolident leur alliance dans le secteur textile, misant sur une complémentarité stratégique pour faire face à la pression asiatique. Ce partenariat illustre une nouvelle dynamique économique en Méditerranée, entre compétition et coopération.

À Casablanca, Tanger ou Bursa, les investisseurs turcs s’activent. Ces derniers mois, plusieurs entreprises textiles venues d’Istanbul ou d’Izmir ont annoncé des implantations dans les zones industrielles marocaines, profitant d’un climat d’affaires stable et de la proximité logistique avec l’Europe. Objectif : contourner la hausse des coûts en Asie et répondre à la demande croissante du marché européen.

« Le Maroc offre une plateforme idéale pour une production à la fois compétitive et durable », confie Yilmaz Kaya, dirigeant d’un groupe textile turc présent à Kénitra. Cette stratégie de “coopétition” — où la coopération sert à mieux affronter la concurrence globale — s’appuie sur les accords commerciaux et sur la montée en compétence de la main-d’œuvre locale.

Une nouvelle géographie industrielle méditerranéenne

Le textile, premier secteur manufacturier marocain, représente près de 15 % des exportations du pays. L’arrivée d’acteurs turcs dynamise l’emploi et l’innovation. « La Turquie a compris que le Maroc pouvait devenir son relais industriel vers l’Europe », estime l’économiste Fadoua Benali. Ankara y voit aussi un moyen d’ancrer davantage sa présence économique en Afrique du Nord, face à la concurrence chinoise.

Cette alliance n’est pas sans enjeux sociaux. Les syndicats marocains appellent à une meilleure protection des travailleurs, tandis que les industriels insistent sur la nécessité d’améliorer les infrastructures portuaires et logistiques. « Le défi est de bâtir une industrie méditerranéenne équilibrée, où chacun trouve sa place », souligne un responsable du ministère marocain du Commerce.

Au-delà du textile, cette dynamique préfigure un nouvel axe économique sud-sud, reliant deux puissances régionales qui cherchent à peser sur les échanges euro-méditerranéens. Une façon de rappeler que la Méditerranée n’est pas seulement un espace de transit, mais aussi une terre d’industrie et d’innovation.

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