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Héritage : ce virement anodin à vos enfants peut coûter jusqu'à 7 000 euros

Un virement bancaire de plusieurs milliers d'euros à l'un de vos enfants peut sembler anodin. Pourtant, mal préparé, ce geste généreux risque de se transformer en cauchemar fiscal et familial. Entre droits de donation imprévus et jalousies au moment de la succession, les pièges sont nombreux.

Chaque année, des milliers de parents effectuent des virements à leurs enfants pour les aider à financer un achat immobilier, un projet professionnel ou simplement pour leur donner un coup de pouce. Si la loi permet de transmettre jusqu'à 100 000 euros par parent et par enfant tous les 15 ans sans payer de droits, encore faut-il respecter scrupuleusement les règles fiscales.

« Le don manuel doit impérativement être déclaré à l'administration fiscale, même s'il ne dépasse pas le seuil d'exonération », rappellent les notaires. Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration s'effectue obligatoirement en ligne sur impots.gouv.fr. Un oubli peut coûter très cher lors du règlement de la succession.

Le piège du dépassement d'abattement

Prenons un exemple concret. Marie, 55 ans, souhaite aider son fils Julien à acheter son premier appartement. Elle lui vire 150 000 euros. Problème : seuls 100 000 euros sont exonérés. Sur les 50 000 euros restants, Julien devra s'acquitter de droits de donation calculés selon un barème progressif allant de 5 % à 20 % pour les premières tranches.

Le calcul est sans appel : 403,60 euros sur la première tranche de 8 072 euros, puis 403,70 euros sur la tranche suivante, 573,45 euros sur la troisième, et enfin 20 % sur le solde. Au total, près de 7 000 euros de droits à payer pour un don qui dépassait de 50 000 euros l'abattement autorisé.

L'autre erreur fréquente concerne le « présent d'usage ». Ce terme désigne les cadeaux offerts à l'occasion d'événements familiaux comme un anniversaire ou un mariage. Ils échappent normalement à toute taxation. Mais attention : pour être qualifié de présent d'usage, le montant doit rester proportionnel aux revenus du donateur.

Quand la discorde s'invite dans la fratrie

Au-delà de l'aspect fiscal, c'est souvent au moment de la succession que les problèmes surgissent. Un don non déclaré fait à un seul enfant devra être « rapporté » à la succession. Concrètement, cette somme sera réintégrée au patrimoine du défunt pour calculer la part de chaque héritier.

Si les autres enfants découvrent l'existence de ce virement, ils peuvent exiger que leur frère ou sœur rende des comptes. Dans les cas les plus graves, le bénéficiaire du don peut être accusé de « recel successoral », une faute qui l'oblige à restituer le bien et lui interdit d'en réclamer une part.

Pour éviter ces situations explosives, les notaires conseillent systématiquement de formaliser les donations par acte authentique, surtout lorsque plusieurs enfants sont concernés. « Cette transparence permet d'éviter les conflits au moment du règlement de la succession », souligne la Chambre des notaires de la Gironde.

Bonne nouvelle toutefois : depuis février 2025, une exonération temporaire permet de donner jusqu'à 300 000 euros sans droits, à condition que les fonds servent à l'achat d'un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique. Ce dispositif, valable jusqu'au 31 décembre 2026, offre une opportunité unique de transmission familiale avantageuse.

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