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Affaire Epstein : le Royaume-Uni secoué par un scandale d'État historique

La publication de 3,5 millions de pages de documents par le ministère américain de la Justice fait trembler l'establishment britannique. L'ancien ambassadeur Peter Mandelson quitte la Chambre des Lords sous la pression, tandis que le prince Andrew, désormais simple citoyen, est appelé à témoigner devant le Congrès américain.

Le Royaume-Uni traverse l'une des crises politiques les plus graves de son histoire récente. Les révélations issues des Epstein Files éclaboussent à la fois la famille royale et le gouvernement travailliste de Keir Starmer, dans un enchaînement qui rappelle les heures les plus sombres des scandales d'État.

Peter Mandelson, figure historique du Parti travailliste et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a annoncé sa démission de la Chambre des Lords le 4 février 2026. Une décision sans précédent depuis plus d'un siècle, prise après que le Premier ministre Keir Starmer a ordonné la préparation d'une loi visant à lui retirer son titre de lord.

« Il a menti à plusieurs reprises à mon équipe lorsqu'on lui a posé des questions sur sa relation avec Epstein avant et pendant son mandat d'ambassadeur. Je regrette de l'avoir nommé », a déclaré Starmer devant la Chambre des communes.

Des transferts financiers et des informations confidentielles

Les documents révèlent que Mandelson aurait reçu 75 000 dollars en trois virements entre 2003 et 2004, provenant de comptes contrôlés par Jeffrey Epstein chez JPMorgan. Plus grave encore, des échanges d'emails de 2009 suggèrent qu'il aurait transmis au financier américain des informations gouvernementales sensibles alors qu'il était ministre du Commerce sous Gordon Brown.

Selon le Financial Times, Mandelson aurait même suggéré à Epstein de demander au patron de JPMorgan de « menacer légèrement » le ministre britannique des Finances de l'époque pour obtenir une réduction de la taxe sur les bonus des banquiers. L'ancien Premier ministre Gordon Brown a qualifié ces actes d'« inexcusables et antipatriotiques », transmettant lui-même des informations à la police.

La police métropolitaine de Londres a ouvert une enquête criminelle pour « faute dans l'exercice d'une fonction officielle ». La Commission européenne examine également si Mandelson a violé des règlements durant son mandat de commissaire européen au Commerce entre 2004 et 2008.

Andrew Mountbatten-Windsor : la chute d'un prince

Pour le frère du roi Charles III, les conséquences ont été encore plus radicales. À l'automne 2025, Andrew s'est vu retirer l'intégralité de ses titres royaux, y compris le titre de « Prince » et de « Son Altesse Royale ». Il est désormais connu simplement sous le nom d'Andrew Mountbatten-Windsor et a été contraint de quitter Royal Lodge, sa résidence depuis plus de deux décennies.

Les nouveaux documents ont révélé des emails troublants. L'un d'eux, signé « HRH The Duke of York KG » et envoyé à Epstein en août 2010, peu après la fin de sa détention à domicile, demandait : « Comment allez-vous ? Heureux d'être libre ? » Un autre message de février 2011 affirmait : « Nous sommes dans le même bateau et devrons nous élever au-dessus de tout cela. »

Une deuxième accusatrice a affirmé que Jeffrey Epstein l'avait envoyée au Royaume-Uni en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew, selon la BBC. L'avocat Brad Edwards a précisé qu'elle avait ensuite bénéficié d'une visite du palais de Buckingham.

Le Premier ministre Starmer a appelé Andrew à témoigner devant le Congrès américain, tandis que l'avocate Gloria Allred, représentant de nombreuses victimes d'Epstein, estime qu'il a « le devoir de fournir tout élément susceptible d'aider les enquêteurs ». L'intéressé continue de nier toute infraction.

Sarah Ferguson, ex-épouse d'Andrew, n'a pas été épargnée. Son organisation caritative a annoncé sa fermeture après la révélation d'emails compromettants avec Epstein, rédigés après sa condamnation de 2008. Elle y qualifiait le pédocriminel de « frère dont j'ai toujours rêvé ».

Cette affaire, qui touche également des personnalités françaises, illustre l'étendue du réseau d'Epstein à travers les élites mondiales. La plateforme Jmail, qui recense ses correspondances, continue de livrer son lot de révélations.

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