Cyberattaques contre les banques : faut-il craindre pour votre argent ?
Les cyberattaques contre les établissements bancaires français se sont multipliées ces derniers mois, et 2026 s'annonce sous le même signe. L'attaque du 1er janvier contre La Banque Postale a paralysé 11 millions de clients pendant plus de treize heures. Face à cette menace croissante, une question préoccupe légitimement les épargnants : leur argent peut-il se volatiliser en cas de piratage ?
L'année 2026 débute comme 2025 s'était achevée : par une cyberattaque d'envergure. Le 1er janvier, les sites de La Poste et de La Banque Postale ont été visés par une attaque par déni de service d'une « ampleur inédite », selon le groupe. De 3h30 à 17h00, les 11 millions de clients particuliers de l'établissement n'ont pu ni consulter leurs comptes, ni effectuer de virements. Le suivi des colis, le coffre-fort numérique Digiposte et l'ensemble des services en ligne étaient inaccessibles.
Cette multiplication des attaques informatiques en France inquiète. En décembre 2025, le ministère de l'Intérieur, la CAF, Mondial Relay et plusieurs établissements de santé ont été successivement ciblés. Les banques représentent des cibles de choix pour les pirates informatiques, en raison des données sensibles qu'elles détiennent et de l'impact considérable qu'une paralysie de leurs services peut engendrer.
Une protection juridique solide pour les épargnants
Dans le cas de La Banque Postale, l'attaque était de type « déni de service » : les serveurs ont été saturés jusqu'à la panne, mais aucune donnée n'a été dérobée et aucun compte n'a été vidé. Cette distinction est essentielle pour comprendre les risques réels. Les scénarios dans lesquels l'argent disparaît sans recours restent extrêmement rares grâce aux mécanismes de protection du système bancaire français.
Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), créé en 1999, assure une protection des dépôts jusqu'à 100 000 euros par client et par établissement. Les sommes placées sur livret A, LDDS ou LEP bénéficient quant à elles d'une garantie de l'État. En cas de fraude avérée, la banque dispose de 24 heures pour procéder au remboursement, sauf si elle démontre une négligence grave du client.
Le véritable danger réside ailleurs. Dans la plupart des cyberattaques, les pirates récoltent des informations personnelles : nom, prénom, adresse e-mail, numéro de téléphone, identité de la banque. Ces données leur permettent ensuite de mettre en œuvre des arnaques sophistiquées. Se faisant passer pour votre établissement bancaire via SMS ou e-mail frauduleux, ils tentent de récupérer vos identifiants et mots de passe pour accéder directement à vos comptes.
Face à ces menaces, les experts recommandent plusieurs réflexes de sécurité. Ne jamais cliquer sur un lien reçu par e-mail ou SMS pour se connecter à sa banque : privilégier la saisie directe de l'adresse dans le navigateur ou l'application officielle. Consulter ses comptes au moins une semaine sur deux pour repérer rapidement toute opération suspecte. Conserver ses relevés bancaires en version papier, PDF ou capture d'écran pour faciliter d'éventuelles réclamations. En 2026, la sécurité de l'épargne dépendra autant des protections techniques des banques que de la vigilance numérique de chaque usager.