sfy39587stp17
Aller au contenu principal

120 baigneurs piqués en une journée : la plage ferme à cause des physalies

Mardi 5 août 2026, plus de 120 baigneurs ont été victimes de piqûres de physalies sur les plages de San Sebastián, en Espagne, provoquant la fermeture immédiate de plusieurs sites balnéaires. Ces organismes marins translucides aux tentacules pouvant atteindre 30 mètres de long, souvent confondus avec des méduses, ont contraint les autorités espagnoles et françaises à prendre des mesures de sécurité drastiques pour protéger les estivants.

Les services de secours ont dû intervenir massivement tout au long de la journée. Si la majorité des victimes ont pu être traitées directement sur place par les maîtres-nageurs sauveteurs, deux personnes ont nécessité une hospitalisation d'urgence en raison de la gravité de leurs brûlures. Les témoignages évoquent une douleur immédiate et intense, souvent comparée à un violent choc électrique ou un coup de fouet. L'invasion de ces « méduses tueuses » comme elles sont surnommées dans la presse locale, a gâché les vacances de nombreux touristes venus profiter du littoral basque.

La ville de San Sebastián n'est pas la seule touchée par ce phénomène inquiétant. L'épisode actuel affecte l'ensemble du sud de la baie de Gascogne, depuis les Asturies jusqu'au nord des Landes françaises. En France, plusieurs plages de Tarnos à Biscarrosse, incluant les stations réputées d'Hossegor, Capbreton, Vieux-Boucau et Mimizan, ont également dû être fermées temporairement à titre préventif. Les drapeaux rouges et violets, signalant respectivement l'interdiction de baignade et un danger particulier, ont fleuri sur toute la côte aquitaine depuis fin juillet.

Une espèce tropicale poussée par les courants

La physalie, ou Physalia physalis de son nom scientifique, est un siphonophore marin appartenant à la même grande famille que les méduses. Originaire des eaux tropicales des Caraïbes et du golfe du Mexique, elle se reconnaît à sa couleur bleutée et à son flotteur translucide à reflets bleu-violet. Poussées par les vents et les courants chauds du Gulf Stream, ces créatures marines échouent parfois sur les côtes européennes, un phénomène que les chercheurs de l'Ifremer qualifient de « pas exceptionnel ». Les vents de fin juin à mi-juillet ont particulièrement favorisé leur arrivée massive cette année sur le littoral atlantique.

Ce qui rend la physalie particulièrement redoutable, c'est la longueur impressionnante de ses filaments urticants qui peuvent s'étendre jusqu'à 20 mètres sous la surface de l'eau. Ces tentacules libèrent une substance extrêmement irritante capable de provoquer des réactions sévères : brûlures cutanées importantes, faiblesse musculaire et dans certains cas des vomissements. Le danger persiste même après l'échouage : une physalie apparemment desséchée sur le sable reste dangereuse, ses filaments conservant leur pouvoir urticant au simple contact. Tout comme pour d'autres dangers marins, la vigilance reste de mise même hors de l'eau.

Des mesures de prévention renforcées sur le littoral

Face à cette invasion, les autorités locales ont renforcé la surveillance des plages et multiplié les campagnes d'information auprès des vacanciers. Les maîtres-nageurs sauveteurs, qui ne peuvent plus assurer correctement la surveillance de la baignade lorsque les physalies sont repérées près des nageurs, sont contraints de hisser temporairement le drapeau violet ou rouge pour prendre en charge les personnes affectées. Les consignes de sécurité sont claires : ne jamais toucher une physalie, même échouée, et sortir immédiatement de l'eau en cas de contact.

L'afflux touristique exceptionnel que connaît l'Espagne ces dernières années, avec près de 100 millions de visiteurs attendus en 2025, rend la gestion de cette crise sanitaire d'autant plus délicate pour les stations balnéaires. Les autorités sanitaires recommandent en cas de piqûre de rincer abondamment à l'eau de mer (jamais à l'eau douce qui aggrave la douleur), d'appliquer du sable chaud si disponible, et de consulter rapidement un médecin si les symptômes persistent ou s'aggravent. Les scientifiques surveillent de près l'évolution de ce phénomène qui pourrait devenir plus fréquent avec le réchauffement des eaux océaniques et les modifications des courants marins.

sfy39587stp16