Messenger.com ferme ses portes : Meta force le retour sur Facebook
Meta s'apprête à tourner une page. Le géant californien a confirmé que le site Messenger.com cessera définitivement de fonctionner le 15 avril 2026. Plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde devront désormais passer par Facebook pour accéder à leurs conversations depuis un ordinateur.
L'annonce, publiée sur les pages d'aide officielles de Meta, ne laisse aucune place au doute. À compter du 15 avril prochain, toute tentative de connexion à Messenger.com aboutira à une redirection automatique vers facebook.com/messages. Un changement qui s'inscrit dans une stratégie de consolidation engagée depuis 2023, lorsque l'entreprise a commencé à réintégrer Messenger dans l'écosystème Facebook après des années passées à en faire un service indépendant.
Cette décision n'est pas un coup de tonnerre isolé. En octobre 2025, Meta avait déjà supprimé les applications de bureau Messenger pour Windows et macOS, avec un préavis de 60 jours. La fermeture du site web constitue donc l'étape logique suivante dans ce démantèlement progressif de Messenger en tant que plateforme autonome.
Une expérience utilisateur sacrifiée sur l'autel de la centralisation
Pour les habitués du site, la perte est loin d'être anodine. Messenger.com offrait une interface épurée, dédiée exclusivement à la messagerie. Les utilisateurs pouvaient y accéder sans être exposés au fil d'actualité de Facebook, à ses notifications incessantes ou à ses suggestions de contenus. « Pourquoi voudrais-je charger tout le flux Facebook simplement pour discuter sur mon ordinateur ? », s'interrogeait un utilisateur sur les réseaux sociaux, résumant la frustration de nombreux internautes.
L'interface de messagerie intégrée à Facebook est décrite par plusieurs observateurs comme « plus lourde et moins directe » que le site autonome. Les utilisateurs qui avaient créé des Progressive Web Apps (PWA) à partir de Messenger.com les verront également devenir obsolètes. Pour ceux qui possédaient un compte Messenger sans compte Facebook actif, la situation se complique davantage : sur mobile, l'application continue de fonctionner, mais depuis un navigateur, il sera désormais indispensable de se connecter avec un compte Facebook.
WhatsApp, le véritable pari de Meta pour la messagerie
Derrière cette décision se dessine une réorientation stratégique claire. En reléguant Messenger au rang de simple module intégré à Facebook, Meta semble miser toutes ses cartes sur WhatsApp, qui compte plus de deux milliards d'utilisateurs dans le monde. Le déploiement attendu en 2026 des noms d'utilisateur sur WhatsApp confirme cette orientation vers une messagerie pure et indépendante du réseau social.
Certains analystes y voient également une manœuvre pour gonfler artificiellement les statistiques de trafic de Facebook. En forçant les utilisateurs de Messenger à transiter par la plateforme principale, Meta s'assure d'un afflux de visiteurs supplémentaires sur son réseau social historique, à un moment où celui-ci fait face à une désaffection progressive des jeunes générations au profit de TikTok et d'Instagram.
Pour les utilisateurs qui refusent cette centralisation, les alternatives existent : WhatsApp, Telegram, Signal ou encore d'autres services de messagerie indépendants. Mais pour beaucoup, c'est un pan de leurs habitudes numériques qui disparaît avec Messenger.com, dernier vestige d'une époque où Meta croyait encore à l'autonomie de ses services de messagerie.