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Hôtellerie française en 2025 : une croissance de 2 % tirée par le loisir

L'hôtellerie française a affiché en 2025 une croissance de 2 % de son chiffre d'affaires hébergement, selon le bilan annuel d'In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie (TCH). Une année qualifiée de première « vraiment normale » depuis la pandémie et l'effet Jeux Olympiques, mais dont les résultats masquent de fortes disparités entre les marchés de loisir, en plein essor, et le tourisme d'affaires, en souffrance.

Présenté début février par Olivier Petit, directeur général d'In Extenso TCH, ce bilan s'appuie sur les données de plus de 225 000 chambres, soit près de 40 % de l'offre hôtelière nationale. Le RevPAR (revenu par chambre disponible) s'établit à 85 euros en moyenne, porté par un taux d'occupation en hausse d'un point à 63 % et un prix moyen en légère progression de 1 %, à 133 euros. « Pour une première année vraiment normale, le test est globalement réussi », résume Olivier Petit.

Le taux de satisfaction des hôteliers atteint 74 %, signe que la profession a traversé l'exercice avec une certaine sérénité. Mais ce chiffre global cache des réalités très contrastées selon les territoires et les clientèles visées.

Paris et la Côte d'Azur, locomotives du marché

Paris confirme son statut de moteur du secteur avec un RevPAR en progression de 5 %, à 195 euros. Le taux d'occupation atteint un niveau record de 82 %, tandis que le prix moyen se maintient à 239 euros, en très léger recul de 1 % après les sommets de l'année olympique. Depuis 2019, le prix moyen parisien a bondi de 41 %, reflet de la montée en gamme de l'offre et de l'afflux continu de visiteurs internationaux.

La Côte d'Azur fait encore mieux. Nice, qui a vu s'ouvrir plusieurs établissements de prestige, affiche une progression de 7 % de son RevPAR. À l'échelle de la région, le chiffre d'affaires hébergement progresse de 6 %, avec un prix moyen en hausse de 5 % à 226 euros et une fréquentation en légère croissance à 68 % de taux d'occupation. Le segment luxe, en particulier, enregistre une hausse de 9 %.

L'hôtellerie littorale dans son ensemble profite de cette dynamique, avec un gain de RevPAR de 6 %, soutenu par la rénovation du parc et la demande croissante de séjours bien-être.

Le tourisme d'affaires, talon d'Achille du secteur

À rebours de cette embellie, les hôtels orientés clientèle d'affaires accusent un net recul. « Le climat économique morose comme l'élément politique font que les entreprises sont assez vigilantes sur les frais de déplacements et les événements », explique Olivier Petit. La crise du BTP, qui réduit les besoins d'hébergement de chantier, et les restrictions budgétaires sur les séminaires pèsent lourdement.

Un phénomène nouveau amplifie cette tendance : les voyageurs d'affaires franciliens privilégient désormais les allers-retours en journée plutôt que les séjours d'une ou deux nuitées. « Les trains sont souvent complets, mais les hôtels un petit peu moins remplis que d'habitude », observe le cabinet. Lille et Nantes, qui avaient bénéficié de l'effet JO en 2024, accusent des baisses de RevPAR respectives de 4 % et 6 %.

L'Île-de-France hors Paris subit également la pression, avec un RevPAR en chute de 9 % à 67 euros. L'arrivée de près de 10 000 chambres supplémentaires depuis 2022, principalement en périphérie, dilue les performances dans un marché où la demande d'affaires se contracte. L'entrée de gamme, exposée à la morosité économique, reste particulièrement fragile.

Au total, le parc hôtelier français comptait 16 610 établissements au 1ᵉʳ janvier 2025, un chiffre en repli sur moyenne période, tandis que la capacité progresse légèrement à 661 000 chambres. Quelque 1 200 projets hôteliers sont en cours, représentant 64 000 chambres à venir.

Pour 2026, In Extenso TCH se montre prudemment optimiste face aux défis du secteur. Le cabinet table sur une croissance de 2 % à Paris, 3 % sur la Côte d'Azur et 1 % en régions. Olivier Petit anticipe « une petite année, entre -0,5 et +1 % de RevPAR sur la France ». L'absence d'événements biennaux majeurs comme le salon aéronautique du Bourget ou le SIRHA de Lyon privera le secteur d'un levier de croissance. En revanche, un calendrier moins favorable aux longs ponts pourrait bénéficier aux hôtels des villes d'affaires. Le cabinet met enfin en garde contre l'essor de l'intelligence artificielle dans la planification de voyages, nouveau risque d'intermédiation entre clients et hôteliers.

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