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Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe, est mort à 42 ans d'un cancer

Le navigateur Charlie Dalin, vainqueur du dernier Vendée Globe, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à Quimper, à l'âge de 42 ans. Le skipper, natif du Havre et installé à Concarneau, a succombé à un cancer contre lequel il luttait depuis plus de deux ans et demi, a annoncé sa famille à l'AFP. Une disparition qui plonge le monde de la voile dans une immense tristesse.

"C'est avec une profonde tristesse que notre famille et moi-même annonçons le décès de mon mari Charlie Dalin, des suites d'une longue maladie", a écrit son épouse Perrine Le Pape. Le marin s'est éteint dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin 2026, emporté par la maladie qui l'accompagnait en silence depuis l'automne 2023. Sa mort met fin au combat d'un champion qui aura caché sa souffrance jusqu'à l'accomplissement du plus grand exploit de sa carrière.

Charlie Dalin restera dans l'histoire comme l'un des plus grands marins de sa génération. Discret, méthodique et redoutablement compétiteur, l'ingénieur de formation avait gravé son nom au panthéon de la course au large. Formé à l'école de la Solitaire du Figaro, il avait patiemment bâti sa réputation avant de s'imposer comme la référence absolue de la classe IMOCA, ces monocoques de dix-huit mètres volant sur leurs foils.

Un Vendée Globe remporté en pulvérisant le record

Le 14 janvier 2025, Charlie Dalin franchissait la ligne d'arrivée aux Sables-d'Olonne en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes, pulvérisant l'ancien record de la course de près de dix jours. À bord de son IMOCA Macif, mis à l'eau en 2023, il signait une démonstration de maîtrise et de constance, dominant la flotte de bout en bout dans des conditions souvent dantesques.

Cette victoire venait effacer la frustration de l'édition précédente. En 2020-2021, Dalin avait pourtant franchi le premier la ligne d'arrivée, mais il avait dû céder la victoire finale à Yannick Bestaven, crédité d'une compensation horaire pour son rôle dans le sauvetage de Kevin Escoffier. Le skipper havrais avait alors juré de revenir. Notre rédaction avait salué cette arrivée triomphale qui a pulvérisé le record du Vendée Globe, point d'orgue d'une carrière remarquable.

Double champion du monde IMOCA en 2021 et 2022, vainqueur de nombreuses courses de référence parmi lesquelles la Transat Jacques-Vabre, Charlie Dalin avait été sacré "marin de l'année" en décembre 2025 par la Fédération française de voile. Une reconnaissance qui couronnait un palmarès parmi les plus impressionnants du circuit océanique français, fruit d'années de travail acharné et d'une exigence technique sans relâche.

Un combat contre la maladie mené dans le secret

Derrière l'exploit sportif se cachait une bataille intime et bouleversante. Le diagnostic était tombé à l'hôpital de Quimper, à une semaine du départ de la Transat Jacques-Vabre 2023 : une tumeur stromale gastro-intestinale de quinze centimètres. Venu consulter pour une simple douleur au genou, le skipper s'était vu révéler la gravité de son état par la médecin Laure Jacolot, qui avait également relevé une perte de poids inquiétante.

Malgré ce coup du sort, Charlie Dalin avait pris le départ de la transatlantique sous antidouleurs, avant de boucler son tour du monde victorieux avec un comprimé à prendre chaque jour. Ce n'est qu'après coup que le grand public découvrira l'ampleur de son courage. Six semaines après son arrivée du Vendée Globe, il subissait une opération de quatre heures, la tumeur ayant grossi durant la course autour du globe.

En janvier 2026, affaibli et toujours en convalescence, il renonçait à la Route du Rhum et à l'ensemble de sa saison, expliquant que la navigation en solitaire lui était désormais interdite. Le marin avait révélé publiquement sa maladie, suscitant une vague d'émotion dans le milieu de la voile, où chacun saluait un compétiteur d'exception et un homme d'une rare dignité. Son histoire singulière, celle d'un vainqueur aux deux couronnes, restera comme l'un des plus poignants récits du sport français.

Au-delà du compétiteur, c'est aussi l'image d'un homme pudique et lucide que retiendront ses proches et ses adversaires. Jusqu'au bout, Charlie Dalin aura refusé de se poser en héros, préférant parler de la mer, de ses bateaux et de la passion qui guidait chacun de ses choix. Son équipe Macif, basée à Concarneau, devra désormais se réorganiser sans celui qui en était l'âme et le visage.

Avec la disparition de Charlie Dalin, la course au large perd l'un de ses plus brillants représentants, un marin qui aura repoussé les limites de l'endurance humaine tout en affrontant l'épreuve la plus intime. Son nom restera attaché à jamais à ce Vendée Globe de tous les records, gagné contre la mer et contre la maladie.

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