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Eau en bouteille : une étude alerte sur les dangers des nanoplastiques

Une nouvelle étude de l'Université Concordia au Canada tire la sonnette d'alarme : l'eau en bouteille plastique, consommée quotidiennement par des millions de personnes, représenterait un danger chronique pour la santé. Selon la chercheuse Sarah Sajedi, cette eau ne devrait être consommée qu'en « situation d'urgence ».

Les chiffres sont édifiants. En analysant plus de 140 articles scientifiques, Sarah Sajedi a établi que les consommateurs d'eau en bouteille ingèrent en moyenne 90 000 particules de microplastiques supplémentaires par an, comparé aux personnes qui boivent l'eau du robinet. Au total, un individu absorbe entre 39 000 et 52 000 particules microplastiques annuellement, rien que par l'alimentation et les boissons.

Ces particules, souvent invisibles à l'œil nu, mesurent entre un micron et cinq millimètres pour les microplastiques, et moins d'un micron pour les nanoplastiques. Elles sont libérées lors de la fabrication des bouteilles, pendant leur transport et leur stockage, puis à mesure que le plastique se décompose au fil du temps.

Des risques pour les organes vitaux

Une fois ingérées, ces minuscules particules peuvent franchir les barrières biologiques de l'organisme, pénétrer dans le système sanguin et atteindre les organes vitaux. Les conséquences potentielles sont multiples : « inflammation chronique, stress oxydatif sur les cellules, perturbations hormonales, troubles de la reproduction, lésions neurologiques et divers types de cancer », énumère l'étude publiée par l'université canadienne.

Le message de Sarah Sajedi est sans équivoque : « Boire de l'eau vendue dans une bouteille de plastique en cas d'urgence, ça va, mais ce n'est pas une habitude à prendre dans la vie quotidienne. Il ne s'agit pas d'un problème de toxicité aiguë, mais plutôt de toxicité chronique. » Une mise en garde qui prend tout son sens à l'heure où l'eau embouteillée est devenue un réflexe de consommation pour beaucoup.

Cette étude confirme les résultats d'autres recherches récentes. En janvier 2024, une publication dans la revue scientifique PNAS avait déjà révélé la présence de 240 000 fragments de plastique par litre d'eau en bouteille, soit 10 à 100 fois plus que les estimations précédentes. À 90 %, ces particules étaient des nanoplastiques, considérés comme les plus dangereux en raison de leur capacité à traverser les membranes cellulaires.

Les jeunes particulièrement exposés

La chercheuse s'inquiète particulièrement pour les jeunes générations, qui figurent parmi les principaux consommateurs d'eau en bouteille. « Non seulement commencent-ils leur exposition très tôt dans la vie, mais celle-ci survient à un moment où ils sont en pleine croissance », souligne-t-elle. Cette exposition précoce et prolongée pourrait avoir des répercussions sanitaires à long terme encore mal évaluées.

Face à ce constat, la recommandation des experts est claire : privilégier l'eau du robinet et les contenants réutilisables en verre ou en acier inoxydable. En France, l'eau du robinet reste soumise à des contrôles sanitaires stricts et représente une alternative plus sûre, moins coûteuse et plus écologique. Les pays méditerranéens multiplient d'ailleurs les initiatives pour réduire l'impact du plastique sur leurs côtes et dans leurs eaux.

Sarah Sajedi regrette cependant le manque de réglementation ciblant spécifiquement les bouteilles d'eau à usage unique. Si des lois limitent déjà les sacs plastiques, les pailles et certains emballages, les bouteilles d'eau échappent encore largement à ces restrictions. Pour la chercheuse, l'éducation du public reste l'outil le plus efficace pour changer les comportements face à cette pollution invisible mais omniprésente.

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