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États-Unis : Trump ordonne de refuser les visas aux personnes obèses ou malades

L'administration Trump a franchi un nouveau cap dans sa politique migratoire restrictive. Une directive du Département d'État ordonne désormais aux agents consulaires de refuser les visas aux étrangers souffrant d'obésité, de diabète ou d'autres maladies chroniques, au motif qu'ils pourraient devenir une "charge publique" pour le système de santé américain.

La mesure, révélée par un câble interne envoyé aux ambassades et consulats américains, élargit considérablement la liste des conditions médicales pouvant entraîner un refus de visa. Outre l'obésité, sont désormais ciblés le diabète, l'hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, neurologiques et métaboliques, ainsi que les troubles de santé mentale comme la dépression et l'anxiété.

Selon la directive, l'obésité "peut causer l'asthme, l'apnée du sommeil et l'hypertension artérielle", justifiant ainsi le refus d'entrée sur le territoire. Les agents consulaires doivent évaluer si les demandeurs disposent de "ressources financières adéquates pour couvrir les frais de soins" durant toute leur vie aux États-Unis, sans recourir à l'aide gouvernementale.

Une politique qui inquiète les experts

Cette nouvelle directive soulève de vives inquiétudes parmi les spécialistes de l'immigration. Charles Wheeler, avocat au Catholic Legal Immigration Network, souligne que ces instructions entrent en conflit avec les manuels existants du Département d'État. Sophia Genovese, de l'université Georgetown, pointe un problème majeur : les agents consulaires "ne sont pas formés médicalement" et ne devraient pas faire de projections sur les coûts de santé futurs.

Le professeur Barry M. Popkin, de l'école de santé publique de l'université de Caroline du Nord, alerte sur le caractère potentiellement discriminatoire de la mesure. "Les Hispaniques, les personnes originaires du Moyen-Orient et les Sud-Asiatiques présentent les taux de diabète les plus élevés pour des indices de masse corporelle plus bas", explique-t-il. Ces populations minoritaires seraient donc particulièrement touchées par cette politique.

Julia Gelatt, du Migration Policy Institute, estime que cette directive "pourrait conduire à un rétrécissement substantiel de l'immigration", affectant de manière disproportionnée les personnes âgées et les étrangers à faibles revenus. Les agents consulaires sont désormais habilités à demander l'accès aux relevés bancaires, comptes d'investissement et fonds de retraite des candidats au visa.

Un contrôle médical renforcé à l'entrée

Si l'évaluation de l'état de santé des candidats à l'immigration fait partie depuis longtemps du processus de demande de visa, notamment pour le dépistage de maladies transmissibles comme la tuberculose, les nouvelles directives étendent considérablement le champ des conditions médicales examinées. Elles accordent également un pouvoir décisionnel accru aux agents consulaires en matière de santé.

La directive s'applique aux visas d'immigrant permettant de résider de façon permanente aux États-Unis, mais pas aux visas touristiques de courte durée (B-2). Toutefois, des experts avertissent qu'elle pourrait affecter les membres de familles souhaitant rejoindre des proches déjà installés sur le sol américain. Cette mesure intervient alors que Donald Trump multiplie les décrets exécutifs depuis son retour à la Maison Blanche.

L'avocate Adriana Cadena qualifie cette politique de "dangereuse", estimant qu'elle crée une confusion susceptible de dissuader des immigrés en situation régulière de bénéficier des aides fédérales auxquelles ils ont pourtant droit. Cette nouvelle restriction s'inscrit dans la lignée de la politique migratoire dure de l'administration Trump, qui avait déjà essuyé un revers judiciaire sur le droit du sol. 

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