Algérie : plusieurs projets ferroviaires stratégiques seront livrés en 2026
L'année 2026 s'annonce décisive pour le secteur ferroviaire algérien. Plusieurs projets d'envergure seront réceptionnés, marquant une étape majeure dans la stratégie de désenclavement du territoire national et de modernisation des infrastructures de transport. Avec un budget de plus de 3 milliards de dollars dédié au développement ferroviaire, l'État algérien accélère la cadence pour atteindre son objectif de 15 000 km de réseau d'ici 2035.
Le projet phare de cette année reste incontestablement la ligne ferroviaire minière reliant Béchar à Gara Djebilet via Tindouf. S'étendant sur 950 kilomètres à travers le désert, cette infrastructure constitue, selon China Railway Construction Corporation, « la première ligne ferroviaire lourde jamais construite à travers un désert en Afrique ». Les essais techniques préliminaires ont débuté le 6 janvier 2026, confirmant la mise en service imminente de ce corridor stratégique.
Cette ligne titanesque comprend 45 viaducs ferroviaires, dont celui franchissant l'Oued Daoura sur 4,1 kilomètres, désormais le plus long pont ferroviaire d'Algérie et d'Afrique. Sept gares jalonnent le parcours, d'El Abadla à Gara Djebilet, en passant par Hammaguir, Tabelbala, Hassi Khebbi, Oum El Assel et Tindouf. La capacité prévue atteint 50 millions de tonnes de minerai de fer annuellement, auxquelles s'ajoutent 25 millions de tonnes de ressources transformées.
Des corridors stratégiques pour l'économie nationale
Parallèlement, la ligne ferroviaire Est dédiée au transport du phosphate progresse à un rythme soutenu. Ce corridor de 422 kilomètres reliera les gisements de Bled El-Hadba, dans la wilaya de Tébessa, au port d'Annaba, après traitement à Oued Keberit dans la wilaya de Souk-Ahras. Les travaux de doublement des voies sur les tronçons Annaba-Bouchegouf et Oued Keberit-Driéa sont en phase avancée.
Le réseau des Hauts-Plateaux verra également l'achèvement de son dernier tronçon de 73 kilomètres entre Tiaret et Tissemsilt. Cette finalisation portera la ligne totale à 1 046 kilomètres, connectant Tébessa à l'est jusqu'à Sidi Bel Abbès à l'ouest, via M'Sila et Boughzoul. Un maillage territorial essentiel pour le développement économique des régions intérieures.
Modernisation du réseau de la capitale
Dans la région d'Alger, les travaux de modernisation du tronçon El Harrach-El Afroun avancent malgré leur complexité. Ce chantier de 58,5 kilomètres s'inscrit dans un programme plus vaste d'aménagement du réseau ferroviaire de la capitale et de sa banlieue, couvrant 127 kilomètres au total. Les sections Birtouta-Boufarik, El Harrach-Gué de Constantine et Blida-Beni Merad font actuellement l'objet d'interventions simultanées.
L'Algérie a alloué 413,2 milliards de dinars, soit environ 3,2 milliards de dollars, aux infrastructures ferroviaires et de transport guidé pour 2026. Sur cette enveloppe, 377,4 milliards de dinars sont exclusivement dédiés au développement du rail, tandis que 35,9 milliards financent le métro et le tramway. Le réseau national, qui comptait 4 000 kilomètres auparavant, atteint désormais 5 738 kilomètres.
À plus long terme, d'autres projets stratégiques sont programmés : la ligne Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa sur 495 kilomètres, financée par la Banque africaine de développement à hauteur de 747 millions d'euros, ainsi que le raccordement des ports de Skikda et Djen Djen vers Touggourt et Hassi Messaoud. L'objectif demeure ambitieux : porter le réseau ferroviaire algérien entre 12 000 et 15 000 kilomètres d'ici 2035, achevant ainsi le désenclavement du Grand Sud entamé avec la route transsaharienne.