La Chine lance AlSat-3A pour l'Algérie, renforçant leur partenariat spatial
L'Algérie vient de franchir une étape majeure dans son programme spatial avec le lancement réussi du satellite AlSat-3A le 15 janvier 2026. Propulsé par une fusée chinoise Long March 2C depuis le centre spatial de Jiuquan, ce satellite d'observation de la Terre de nouvelle génération renforce considérablement les capacités algériennes en matière de géo-intelligence et de surveillance territoriale.
Le décollage a eu lieu à 4h01 (heure universelle) depuis le nord-ouest de la Chine. La China Academy of Space Technology (CAST), en collaboration avec la China Great Wall Industry Corporation (CGWIC), a développé ce satellite en étroite coopération avec l'Agence spatiale algérienne (ASAL). AlSat-3A a été placé sur une orbite héliosynchrone, à une altitude comprise entre 489 et 627 kilomètres.
Ce lancement s'inscrit dans le cadre d'un contrat signé en juillet 2023 entre la CGWIC et l'ASAL. L'accord prévoit la livraison de deux satellites d'observation optique à haute résolution, accompagnés de systèmes au sol, de formations et de services de support technique. AlSat-3A constitue le premier satellite livré dans le cadre de cette entente, le second, AlSat-3B, devant suivre prochainement.
Des capacités stratégiques renforcées
Selon les autorités algériennes, AlSat-3A permettra de « renforcer les capacités en matière de géo-intelligence et d'information géospatiale à valeur ajoutée, notamment la cartographie et les modèles numériques de terrain ». Le satellite est spécifiquement conçu pour soutenir la planification de l'utilisation des terres et améliorer les capacités de prévention et d'atténuation des catastrophes naturelles.
Cette avancée technologique revêt une importance particulière pour l'Algérie, pays aux terrains et climats variés. Les données à très haute résolution fournies par AlSat-3A serviront à surveiller l'ensemble du territoire national, du littoral méditerranéen aux étendues sahariennes.
Le partenariat spatial sino-algérien ne date pas d'hier. En décembre 2017, la Chine avait déjà livré Alcomsat-1, le premier satellite de communications algérien, placé en orbite géostationnaire. Ce satellite a depuis transformé la connectivité à travers l'Algérie, reliant des milliers d'écoles et d'hôpitaux tout en formant plus de 300 techniciens algériens aux opérations et à la maintenance satellitaires. Ce partenariat stratégique global entre l'Algérie et la Chine constitue une première dans les relations sino-arabes.
La Chine multiplie les succès spatiaux
Le même jour, la Chine a également réalisé son premier lancement maritime de l'année 2026. Une fusée Ceres-1S Y7, développée par l'entreprise privée Galactic Energy, a décollé d'une plateforme mobile en mer Jaune, au large de la province du Shandong. Elle a placé en orbite quatre satellites de la constellation Tianqi (numéros 37 à 40) à 850 kilomètres d'altitude.
La constellation Tianqi, première constellation chinoise d'Internet des objets (IoT) en orbite basse, compte désormais 41 satellites et offre une couverture mondiale. Ce réseau permet de fournir des services de communication de données IoT à des coûts réduits, couvrant l'espace, l'air, la terre et la mer. Ce lancement marquait également le retour en vol de la fusée Ceres-1 après un échec survenu en novembre 2025.
Avec AlSat-3A, l'Algérie dispose désormais de six satellites d'observation de la Terre en orbite. Ce succès témoigne de la montée en puissance du programme spatial algérien et de l'approfondissement des liens stratégiques avec Pékin dans le cadre du deuxième Plan de coopération stratégique Algérie-Chine (2022-2026), où la technologie spatiale figure parmi les domaines prioritaires de collaboration.