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Le Maroc rejoint le Conseil de paix de Trump avec un ticket d'entrée à un milliard

Le roi Mohammed VI a accepté l'invitation du président américain Donald Trump à rejoindre son « Conseil de paix » en tant que membre fondateur. Cette nouvelle instance internationale, conçue initialement pour superviser la reconstruction de Gaza, ambitionne désormais de résoudre les conflits armés dans le monde entier, se posant en alternative aux Nations unies.

L'annonce a été confirmée ce lundi 20 janvier 2026 par le ministère marocain des Affaires étrangères. Dans un communiqué, Rabat a salué « l'engagement et la vision du président Trump pour faire avancer la paix ». Le Royaume s'engage à ratifier la charte fondatrice du conseil, obtenant ainsi un siège au sein de cette nouvelle architecture diplomatique que Washington cherche à établir.

Selon la charte obtenue par l'AFP, les États souhaitant obtenir un siège permanent doivent s'acquitter de « plus d'un milliard de dollars en espèces » durant la première année suivant l'entrée en vigueur du texte. Sans cette contribution, les membres ne disposent que d'un mandat de trois ans, renouvelable à la discrétion du président du conseil.

Une instance qui défie l'ordre international établi

Le document de huit pages ne mâche pas ses mots à l'égard des institutions existantes. Il critique « les approches et institutions qui ont trop souvent échoué », référence à peine voilée à l'ONU, et appelle à avoir « le courage » de s'en écarter. Donald Trump, qui doit présider cette instance, conserverait un droit de veto sur toutes les décisions prises à la majorité.

Le conseil exécutif de onze membres compte déjà des figures influentes : Tony Blair, Jared Kushner, Steve Witkoff, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al Thawadi, et la coordinatrice de l'ONU pour le Moyen-Orient Sigrid Kaag. Le milliardaire israélo-chypriote Yakir Gabay et la ministre émiratie Reem Al-Hashimy complètent ce cercle restreint.

Pour le Maroc, cette adhésion s'inscrit dans la continuité du rapprochement diplomatique avec les États-Unis et Israël initié en décembre 2020 avec les accords d'Abraham. Rabat y voit une opportunité de renforcer son poids diplomatique régional et de consolider ses relations avec Washington.

Des réactions contrastées sur la scène internationale

Si la Hongrie de Viktor Orban et le Vietnam ont immédiatement accepté l'invitation, d'autres puissances affichent leur réserve. L'Allemagne souhaite « se coordonner » avec ses partenaires européens. Moscou demande à « clarifier toutes les nuances » de la proposition. Le Canada, bien qu'acceptant l'invitation, a catégoriquement refusé de payer pour un siège.

Les analystes comparent déjà cette initiative à une version payante du Conseil de sécurité de l'ONU. « Virtually every dollar » collecté serait destiné à la reconstruction de Gaza, selon la charte. Mais l'ambition affichée dépasse largement ce cadre, positionnant le conseil comme « une organisation de paix internationale plus agile et efficace » que les structures existantes.

Cette décision marocaine intervient dans un contexte où Washington multiplie les initiatives diplomatiques au Maghreb. Elle témoigne de la volonté de Rabat de s'arrimer fermement au camp américain, quitte à s'engager financièrement dans une structure qui bouscule l'ordre multilatéral traditionnel.

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