Trump menace la France de taxes de 200% sur le vin et le champagne
Coup de tonnerre dans les relations franco-américaines. Ce mardi 20 janvier 2026, jour de son investiture pour un second mandat, Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français. Une déclaration fracassante qui fait suite au refus d'Emmanuel Macron de rejoindre le controversé "Conseil de paix" voulu par le président américain.
« Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n'est pas obligé d'y adhérer », a déclaré Donald Trump depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Une menace à peine voilée qui intervient quelques heures seulement avant sa cérémonie d'investiture au Capitole.
Le bras de fer entre les deux présidents s'est intensifié autour d'un projet aussi ambitieux que contesté : le « Conseil de paix ». Conçu comme une alternative aux Nations unies, cet organe international imaginé par Trump exige un ticket d'entrée exorbitant. Selon un document de huit pages consulté par l'AFP, les pays souhaitant obtenir un siège permanent doivent s'acquitter d'un milliard de dollars.
Un « Conseil de paix » controversé
Initialement prévu pour superviser la reconstruction de Gaza, ce conseil donnerait à Trump des pouvoirs considérables. En tant que président fondateur, il disposerait du pouvoir exclusif d'inviter les membres et pourrait révoquer leur participation, sauf blocage par une majorité des deux tiers. La signature de sa constitution complète est attendue lors du Forum économique mondial de Davos, ce jeudi.
Face à cette initiative, Paris a rapidement fait connaître sa position. « La France n'entend pas donner suite favorable » à l'invitation américaine, a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron. Le Quai d'Orsay a souligné que ce projet « soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause ».
La France n'est pas seule dans son refus. Le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne et le Canada ont également décliné l'invitation. À l'inverse, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, fidèle soutien de Trump en Europe, a accepté de rejoindre le conseil. Le Kazakhstan et l'Ouzbékistan auraient également répondu favorablement.
Une escalade commerciale sur fond de tensions au Groenland
Cette menace sur le champagne s'inscrit dans un contexte déjà tendu. Le 17 janvier, Trump avait annoncé une taxe de 10% sur les importations de huit pays européens, dont la France, en raison de leur opposition à l'annexion du Groenland par les États-Unis. Cette surtaxe doit passer à 25% au 1er juin si aucun accord n'est conclu.
En réponse, Emmanuel Macron a demandé à l'Union européenne d'activer son instrument anti-coercition, surnommé le « bazooka commercial ». « Aucune intimidation ou menace ne nous influencera – que ce soit en Ukraine, au Groenland ou ailleurs dans le monde », a déclaré le président français. La France a également annoncé le renforcement de sa présence militaire dans l'Arctique, avec le déploiement de chasseurs alpins au Groenland.
Pour la filière viticole française, cette menace de taxation à 200% fait ressurgir le spectre des surtaxes de 2019-2021, qui avaient lourdement impacté les exportations de vins et spiritueux vers les États-Unis. Le marché américain représente le premier débouché en valeur pour les vins français, avec plus de 1,5 milliard d'euros d'exportations annuelles. Une taxe de cette ampleur pourrait tout simplement fermer ce marché aux producteurs français.
Reste à savoir si cette menace se concrétisera ou si elle constitue, comme souvent avec Donald Trump, un levier de négociation. Une chose est certaine : les relations transatlantiques s'annoncent particulièrement houleuses pour ce second mandat.