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Olives, emplois et souveraineté : l’axe méditerranéen contre l’accord UE‑Mercosur

En Italie, en Espagne et en Grèce, les producteurs d’olives montent au créneau. Face à l’accord commercial UE‑Mercosur, les filières oléicoles méditerranéennes s’unissent pour défendre leurs emplois, leurs terres et une agriculture durable. Au‑delà du commerce, c’est une bataille pour la souveraineté alimentaire qui s’engage sur les rives sud de l’Europe.

Depuis plusieurs semaines, les organisations agricoles d’Italie (ASSOM), d’Espagne (ASEMESA) et de Grèce (PEMETE) multiplient les déclarations et les actions symboliques. *« Cet accord menace directement nos producteurs, nos territoires et nos traditions »*, alertent‑elles dans un communiqué commun relayé par Olivonews. L’accord UE‑Mercosur, encore en discussion à Bruxelles, ouvrirait largement le marché européen aux produits agricoles sud‑américains, notamment les huiles et olives brésiliennes et argentines, à des tarifs préférentiels.

Les producteurs méditerranéens dénoncent une concurrence déloyale, soulignant que les normes sociales et environnementales du Mercosur sont bien moins strictes que celles de l’Union européenne. *« Nous ne pouvons pas lutter avec des pays où le coût du travail et la réglementation environnementale sont dérisoires »*, confie un oléiculteur andalou. *« L’Europe ne peut pas sacrifier ses campagnes sur l’autel du libre‑échange »*, ajoute‑t‑il.

Une mobilisation pour une Méditerranée agricole durable

Au‑delà des chiffres, cette mobilisation révèle un malaise plus profond : celui d’une Méditerranée agricole qui se sent abandonnée par les institutions européennes. En Crète, en Andalousie ou dans les Pouilles, les exploitants rappellent que l’oléiculture n’est pas seulement un secteur économique, mais aussi un pilier culturel et écologique. Selon le Parlement européen, plus de deux millions de personnes vivent directement de cette filière dans le sud de l’Europe.

Pour les syndicats agricoles, la solution passe par une politique agricole méditerranéenne plus cohérente et des investissements dans la transition agroécologique. *« Nous voulons produire différemment, pas disparaître »*, insiste un représentant de la fédération italienne Coldiretti. Le collectif réclame également que les futurs accords commerciaux de l’UE incluent des clauses sociales et environnementales contraignantes.

En toile de fond, le dossier Mercosur devient un symbole d’un bras de fer plus large entre économie mondialisée et souveraineté régionale. Sur les marchés de Séville, Kalamata ou Bari, les producteurs continuent à vendre leurs olives sous le soleil d’hiver — mais avec une inquiétude palpable : celle d’être les oubliés de l’Europe qu’ils nourrissent depuis des siècles.

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