Liam Ramos, 5 ans, détenu par l'ICE : l'affaire qui indigne l'Amérique
Un enfant de 5 ans détenu dans un centre pour migrants au Texas. Le petit Liam Ramos, citoyen équatorien, a été arrêté avec son père le 20 janvier dernier dans la banlieue de Minneapolis. Selon les responsables scolaires, il aurait été utilisé comme « appât » par les agents de l'ICE. L'administration Trump conteste cette version des faits.
L'affaire a éclaté dans la petite ville de Columbia Heights, au Minnesota. Ce jour-là, Adrian Conejo Ramos rentrait de l'école avec son fils Liam lorsque des agents de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) les ont interceptés dans l'allée de leur domicile. Ce qui s'est passé ensuite fait l'objet de versions diamétralement opposées.
Zena Stenvik, la surintendante du district scolaire, a tenu une conférence de presse explosive. Elle affirme avoir vu de ses propres yeux les documents juridiques de la famille. « Ils ont un dossier d'asile actif, sans aucun ordre d'expulsion », a-t-elle déclaré. Plus grave encore, elle accuse les agents d'avoir instrumentalisé l'enfant : « Ils ont dit au garçon de frapper à la porte de sa maison pour voir si d'autres personnes étaient à l'intérieur. Ils ont essentiellement utilisé un enfant de 5 ans comme appât. »
Deux versions irréconciliables
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a vigoureusement contesté cette narration. Dans un communiqué, l'agence affirme que « l'ICE n'a PAS ciblé un enfant. L'enfant a été ABANDONNÉ ». Selon cette version, le père aurait tenté de fuir à pied, laissant son fils de 5 ans seul dans un véhicule en plein hiver. Les agents auraient alors pris soin de l'enfant, l'emmenant même dans un restaurant drive-through.
Cette explication ne convainc pas les témoins locaux. Des responsables de l'école affirment qu'un autre adulte présent sur les lieux a « supplié les agents de le laisser s'occuper du petit enfant, mais cela a été refusé ». Marc Prokosch, l'avocat de la famille, insiste sur un point crucial : les Ramos sont entrés légalement aux États-Unis. « Ils sont arrivés en 2024 depuis l'Équateur via l'application CBP One, à la frontière de Brownsville. Ils ont fait tout correctement », martèle-t-il.
L'avocat n'a trouvé aucun casier judiciaire pour Adrian Conejo Ramos dans les bases de données du Minnesota. La question se pose alors : pourquoi cibler cette famille en particulier ? « Les infractions à l'immigration sont de nature civile. Comment justifier l'incarcération d'un enfant pour une violation civile qui, en plus, n'est même pas avérée ici puisqu'ils sont entrés légalement ? », s'interroge le juriste.
Une vague d'indignation nationale
L'image de Liam, petit garçon au bonnet bleu, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des médias américains. L'ancienne vice-présidente Kamala Harris a réagi avec force : « Liam Ramos n'est qu'un bébé. Il devrait être chez lui avec sa famille, et non utilisé comme appât par l'ICE et détenu dans un centre de détention au Texas. »
Liam n'est pas un cas isolé. Selon la surintendante Stenvik, quatre élèves du district de Columbia Heights ont été arrêtés par l'ICE cette semaine, dont une fillette de 10 ans également transférée au Texas. Cette offensive s'inscrit dans le cadre de la politique migratoire durcie de l'administration Trump.
Le gouvernement équatorien a réagi par voie diplomatique. Son consulat à Minneapolis a immédiatement contacté l'ICE et affirme « surveiller la situation de l'enfant afin de protéger sa sécurité et son bien-être ». Père et fils se trouvent actuellement dans le centre fédéral de détention pour familles de Dilley, au Texas, dans l'attente d'une audience devant un juge d'immigration.
Cette affaire cristallise toutes les tensions autour de la politique migratoire américaine. D'un côté, une administration qui revendique une application stricte des lois. De l'autre, des voix qui s'élèvent contre des méthodes jugées disproportionnées, particulièrement lorsqu'elles impliquent des enfants. Le dossier de Liam Ramos reste ouvert. Aucun ordre d'expulsion n'a été prononcé à ce jour.