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Municipales à Marseille : Amine Kessaci rejoint la liste de Benoît Payan

Figure emblématique de la lutte contre le narcotrafic dans les quartiers nord de Marseille, Amine Kessaci a officialisé ce lundi 26 janvier son ralliement à la liste du Printemps marseillais menée par le maire sortant Benoît Payan. À 22 ans, le fondateur de l'association Conscience sera en position éligible, marquant une nouvelle étape dans son engagement politique après avoir perdu deux frères dans des règlements de comptes liés à la drogue.

L'annonce a été faite depuis un lieu hautement symbolique : l'Après M, cet ancien McDonald's du 14e arrondissement transformé en restaurant solidaire et plateforme d'entraide citoyenne avec le soutien de la municipalité. Un choix qui illustre parfaitement la philosophie du jeune militant, convaincu que la lutte contre le narcotrafic passe aussi par « des politiques sociales, de la dignité dans les quartiers, des logements dignes, des écoles fortes ».

« J'ai l'honneur, avec beaucoup d'humilité, d'annoncer la candidature d'Amine Kessaci », a déclaré Benoît Payan, soulignant leur volonté de « s'engager main dans la main dans ce combat pour Marseille ». De son côté, le jeune homme a qualifié cet engagement de « naturel », affirmant avoir « la garantie de savoir que le maire va porter mon combat ».

Un parcours forgé par le drame

Le destin d'Amine Kessaci a basculé en décembre 2020, lorsque son demi-frère Brahim, 22 ans, a été assassiné dans un triple homicide. C'est à la suite de ce drame qu'il a développé l'association Conscience, créée quelques mois plus tôt pour améliorer le quotidien des jeunes des quartiers défavorisés. L'organisation s'est depuis spécialisée dans l'accompagnement des familles victimes de « narcomicides ».

La tragédie s'est répétée le 13 novembre 2025, quand son frère cadet Mehdi, 20 ans, a été abattu en plein centre de Marseille. Un crime d'intimidation visant à faire taire le militant, selon les autorités. Malgré ces épreuves, Amine Kessaci refuse de céder : « Je suis coupable de rien et je ne vivrai pas en résidence surveillée », martèle-t-il, tout en reconnaissant ne plus pouvoir « faire un pas sans avoir quatre ou cinq policiers » autour de lui.

Une charte du relogement comme premier engagement

Parmi les engagements phares de cette alliance, le jeune candidat a obtenu la promesse que Benoît Payan serait « le premier maire » à signer une « charte du relogement ». Ce dispositif garantirait aux familles dont un enfant a été assassiné dans un quartier d'être relogées et accompagnées dignement dans leur deuil.

Amine Kessaci ambitionne également de créer, après les élections, une « association nationale des maires de France qui agissent contre le narcotrafic ». Son objectif affiché : faire de Marseille « la vitrine nationale de la lutte contre le trafic de drogue ».

Ce ralliement intervient dans un contexte électoral tendu, où les sondages placent le candidat du Rassemblement national Franck Allisio au coude-à-coude avec le maire sortant, tous deux crédités d'environ 30% des intentions de vote. Pour le Printemps marseillais, coalition rassemblant socialistes, communistes et écologistes, l'arrivée d'une figure aussi médiatique qu'Amine Kessaci constitue un atout majeur pour la campagne à venir.

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