sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Pénurie de carburant : plus de 1 000 stations à sec en France

Plus de 1 000 stations-service françaises sont actuellement en rupture de stock de carburant, une situation qui s'est considérablement dégradée en quelques jours. Selon les données gouvernementales, 13 % des stations manquent de gasoil tandis que 69 % sont à sec en SP95.

La France fait face à une crise d'approvisionnement en carburant sans précédent depuis plusieurs années. Au 31 mars 2026, plus de 1 000 stations-service se trouvent en rupture partielle ou totale de carburants sur l'ensemble du territoire. Les chiffres officiels révèlent que 13 % des points de vente sont dépourvus de diesel, 28 % manquent d'E10, 69 % n'ont plus de SP95 et 23 % sont à court de SP98.

L'évolution de la situation inquiète les autorités. « À la fin du mois de février, on comptait seulement une soixantaine de stations en difficulté. Le 27 mars, ce chiffre est passé à 537, puis à 677 le lendemain », indique le site de suivi des pénuries. Les départements les plus touchés incluent la Haute-Garonne avec 28 stations en rupture, les Bouches-du-Rhône avec 25, et la Gironde avec 21 stations affectées.

Les causes d'une crise multifactorielle

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation rapide. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient constituent la principale cause : depuis début mars 2026, le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran a paralysé le trafic maritime. Or, 20 % du pétrole mondial transite normalement par cette voie stratégique, et la France importait 50 % de son diesel depuis le Golfe Persique avant la crise.

Cette situation a provoqué une hausse spectaculaire du prix du Brent, qui a bondi de plus de 13 % en quelques semaines. Les prix à la pompe ont franchi la barre des 2,18 euros le litre en moyenne nationale, alimentant les craintes des automobilistes.

La décision de TotalEnergies d'instaurer un plafonnement des prix à 1,99 euro le litre pour l'essence et 2,09 euros pour le diesel dans ses 3 300 stations métropolitaines a déclenché un afflux massif de clients, aggravant les ruptures de stock. Par ailleurs, l'augmentation des certificats d'économies d'énergie (CEE), passés de 11 centimes à 16-17 centimes par litre depuis le 1er janvier 2026, pèse également sur la distribution.

Mesures gouvernementales d'urgence

Face à l'ampleur de la crise, le gouvernement a activé des dispositifs exceptionnels. Le 26 mars 2026, un décret publié au Journal officiel autorise, à titre « exceptionnel et temporaire », la commercialisation d'un diesel ne respectant pas les spécifications habituelles. Il s'agit d'un gasoil d'été, normalement mis en circulation début avril et moins résistant au froid, destiné à augmenter les volumes disponibles.

Les autorités appellent néanmoins à la vigilance et recommandent aux automobilistes d'anticiper leurs déplacements en consultant les cartes de disponibilité en temps réel. La situation pourrait se prolonger tant que les tensions dans le détroit d'Ormuz ne seront pas résolues et que les circuits d'approvisionnement ne seront pas rétablis.

Les professionnels du secteur estiment que le retour à la normale pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en fonction de l'évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.

sfy39587stp16