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Marseille : enquête ouverte après l'agression au spray-briquet d'une passante

Une femme a eu le côté gauche du visage brûlé jeudi 1er octobre 2026 vers 10 heures, à l'arrêt de bus de la place du 4-Septembre, sur l'avenue de la Corse, dans le 7e arrondissement de Marseille, par un homme cagoulé et vêtu de noir qui a utilisé un aérosol devant la flamme d'un briquet comme un lance-flammes improvisé. L'auteur des faits n'est à ce stade pas identifié et une enquête a été ouverte par la police nationale, selon le parquet de Marseille.

La scène, filmée par un témoin, dure treize secondes. On y voit l'homme diriger la flamme vers le visage de la victime avant de repartir calmement, d'un geste que France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur décrit comme « sûr, presque professionnel ». Entièrement vêtu de noir et le visage dissimulé, il n'est pas identifiable sur les images. Selon le témoin à l'origine de la publication, relayé par France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, la victime avait tenté de s'interposer alors que des personnes présentes près de l'arrêt de bus s'en prenaient à une barrière métallique installée derrière l'abribus. « Mon amie a voulu empêcher les bloquants et parler avec eux. Elle a été agressée sauvagement », écrit-il, précisant : « L'un d'eux lui a brûlé le côté gauche du visage en l'aspergeant avec un spray et un briquet ». Il ajoute : « Heureusement pas de brûlures graves ». Aucun bilan médical n'a été rendu public, et les médias qui ont relaté les faits soulignent qu'ils ne sont pas en mesure de préciser la gravité des blessures.

Cette agression s'est déroulée en marge du mouvement de blocage des lycées qui a profondément perturbé Marseille la veille. La RTM avait dû suspendre la totalité de son réseau de bus, tram et métro ce jeudi, après que plusieurs véhicules eurent été pris à partie aux abords d'établissements scolaires du nord et de l'est de la ville, comme le racontait notre article sur la suspension du réseau RTM. Quarante lycées des Bouches-du-Rhône étaient alors touchés, dont dix-huit totalement bloqués, et des incidents avaient éclaté près du lycée Floride et du lycée Saint-Exupéry, où un fourgon de marins-pompiers avait lui-même été incendié.

Une vidéo authentifiée, devenue virale au fil de la journée

Contactée, la cellule spécialisée dans la vérification des vidéos de réseaux sociaux de France Télévisions a confirmé le lieu exact de la scène grâce à un point GPS relevé sur les images, et affirme que cette vidéo « n'existait pas avant sa première publication le 1er octobre à 20h22 ». Il ne s'agit donc pas d'images recyclées d'un autre lieu ou d'une autre date. La vidéo s'est largement diffusée au cours de la journée du vendredi 2 octobre, plusieurs comptes d'extrême droite et nationalistes s'en étant emparés pour la faire circuler ; le témoin à l'origine de la publication avait lui-même interpellé le site Fdesouche dès sa mise en ligne. Un post largement partagé affirme que l'auteur serait « un lycéen », mais cette information n'est à ce stade corroborée par aucune source officielle : ni le parquet ni les enquêteurs n'ont communiqué sur le profil de l'auteur présumé. Ni l'AFP ni les médias locaux n'ont été en mesure de préciser le contexte exact ayant précédé l'agression, au-delà du témoignage de la proche de la victime.

Plainte déposée, réactions politiques et contexte national tendu

Selon des informations du Parisien citant une source policière, la victime a déposé plainte ce vendredi 2 octobre. Les enquêteurs devront exploiter les images disponibles et recueillir des témoignages pour tenter d'identifier l'homme cagoulé. Aucune interpellation n'a été annoncée à ce stade et aucune qualification pénale n'a été rendue publique. L'affaire a suscité de vives réactions : le député RN des Bouches-du-Rhône Franck Allisio a dit être « outré et révolté par ces images », estimant que « à Marseille comme ailleurs, les responsables devront payer, être sévèrement sanctionnés et leurs parents avec eux ». La maire du secteur a de son côté dénoncé sur X une « scène insoutenable », espérant que « l'auteur des faits sera retrouvé et lourdement sanctionné », tout en mettant en garde : « le mouvement revendicatif de la jeunesse est en train de se faire torpiller par des fous ! ».

Cette agression intervient alors que le mouvement de blocage des lycées, qui réclame davantage de moyens pour les établissements scolaires et a été rejoint par des étudiants, est entré dans un « acte II » marqué par une intensification des violences. Près de 2 000 personnes ont été interpellées jeudi en France et quatre cents lycées ont été fermés par les autorités, selon le ministère de l'Intérieur. Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni préfets, responsables de la police, de la gendarmerie et des services de renseignement, a dénoncé « une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines », tandis que Matignon a condamné des « violences urbaines ». À Marseille même, un correspondant de M6 couvrant une manifestation lycéenne avait été blessé au front la veille, sa caméra brisée ; le groupe M6 a porté plainte, jugeant que « s'en prendre à un journaliste dans l'exercice de ses fonctions, c'est porter atteinte à la liberté d'informer ». D'autres agressions filmées ont récemment ému la cité phocéenne, à l'image de celle d'une jeune femme de 18 ans rouée de coups de matraque pour avoir refusé des avances.

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