Inondations au Maroc : le nord du pays frappé par un épisode climatique d’ampleur
De Tanger à Ksar El-Kébir, le nord du Maroc vit depuis plusieurs jours au rythme des crues, des évacuations d’urgence et des routes coupées. Un épisode météorologique intense qui met en lumière la vulnérabilité persistante de certaines régions face au dérèglement climatique.
Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias locaux : rues transformées en torrents, habitations envahies par la boue, véhicules emportés. À Ksar El-Kébir, dans la province de Larache, les autorités ont ordonné la fermeture temporaire des établissements scolaires et l’évacuation de plusieurs quartiers exposés. Selon les services de la protection civile, les précipitations enregistrées en quelques heures dépassent largement les normales saisonnières.
Ces inondations, loin d’être un phénomène isolé, s’inscrivent dans une séquence climatique de plus en plus fréquente au Maghreb. Après des années de sécheresse sévère, le Maroc fait désormais face à des épisodes pluvieux courts mais extrêmement violents, mettant à rude épreuve des infrastructures souvent inadaptées.
Des territoires fragilisés, une réponse sous tension
Sur le terrain, les secours s’organisent dans l’urgence. « Nous intervenons en priorité pour sécuriser les personnes, mais les dégâts matériels sont considérables », confie un responsable local cité par la presse marocaine. Routes secondaires effondrées, réseaux d’assainissement saturés, exploitations agricoles touchées : l’impact économique pourrait être lourd pour des zones déjà fragiles.
Au-delà de l’urgence, ces événements relancent le débat sur l’aménagement du territoire et l’anticipation des risques climatiques. Plusieurs experts pointent le manque d’entretien des oueds, l’urbanisation rapide et parfois anarchique, ainsi que l’insuffisance des systèmes d’alerte. Maghreb Emergent souligne que des investissements importants seront nécessaires pour éviter que ces catastrophes ne se répètent.
Alors que le changement climatique accentue les extrêmes, le Maroc, comme l’ensemble du bassin méditerranéen, se retrouve à un tournant. Adapter les villes, protéger les populations et repenser les modèles de développement n’est plus une option, mais une urgence.