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WhatsApp : Meta facture les chatbots IA en Italie, une première mondiale

À partir du 16 février 2026, Meta commence à facturer les entreprises qui souhaitent maintenir leurs chatbots d'intelligence artificielle sur WhatsApp en Italie. Cette décision, première du genre dans le monde, intervient après une injonction de l'autorité antitrust italienne qui avait ordonné au géant américain d'ouvrir sa plateforme à la concurrence.

Le bras de fer entre Meta et les régulateurs italiens connaît un nouveau rebondissement. Plutôt que d'autoriser gratuitement les chatbots concurrents sur WhatsApp comme l'exigeait l'Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato (AGCM), l'entreprise de Mark Zuckerberg a opté pour une solution intermédiaire : la facturation.

Concrètement, les développeurs devront désormais payer environ 0,0691 dollar (soit 0,0572 euro) par réponse générée par l'intelligence artificielle qui n'est pas un modèle prédéfini. Un montant qui peut sembler dérisoire, mais qui s'accumule rapidement pour les bots à forte utilisation. Pour un chatbot traitant des milliers de requêtes quotidiennes, la facture peut vite devenir conséquente.

Une réponse à l'injonction de l'antitrust italien

Cette nouvelle politique tarifaire fait suite à la décision de l'AGCM rendue en décembre 2025. L'autorité de la concurrence avait alors ordonné à Meta de suspendre ses conditions d'utilisation qui excluaient les chatbots IA concurrents de WhatsApp. L'enquête, ouverte en juillet 2025, portait sur un possible abus de position dominante lié à l'intégration de Meta AI dans la plateforme de messagerie.

En octobre 2025, Meta avait annoncé vouloir bloquer tous les chatbots IA tiers de WhatsApp, invoquant une pression excessive sur ses systèmes. « L'émergence de chatbots d'intelligence artificielle sur notre API Business a mis une pression sur nos systèmes qui n'étaient pas conçus pour supporter ce type d'utilisation », avait justifié l'entreprise américaine.

Face à l'injonction italienne, Meta a donc choisi de contourner l'obstacle en instaurant une tarification. « Là où nous sommes légalement obligés de fournir des chatbots IA via l'API d'entreprise de WhatsApp, nous introduisons une tarification pour les entreprises qui choisissent d'utiliser notre plateforme pour fournir ces services », a déclaré un porte-parole de Meta.

Un précédent qui pourrait s'étendre à l'Europe

L'Italie devient ainsi un laboratoire pour la monétisation des chatbots IA sur WhatsApp. Si cette politique s'avère viable, elle pourrait être étendue à d'autres marchés européens. La Commission européenne a d'ailleurs ouvert sa propre enquête antitrust sur Meta pour évaluer si l'interdiction des chatbots IA externes sur WhatsApp favorise indûment Meta AI et restreint la concurrence sur le marché européen.

Au Brésil, un tribunal a suspendu une mesure préventive similaire de l'autorité antitrust CADE, montrant que ce débat dépasse largement les frontières européennes. Les enjeux sont considérables : WhatsApp compte plus de deux milliards d'utilisateurs dans le monde et représente un canal de communication privilégié pour de nombreuses entreprises.

Meta a annoncé faire appel de la décision de l'antitrust italien. En attendant, les entreprises italiennes qui souhaitent proposer des services de chatbot IA alternatifs à Meta AI sur WhatsApp devront donc passer à la caisse à partir du 16 février.

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