Frappe conjointe franco-britannique : Paris et Londres ciblent Daesh en Syrie
Les forces aériennes françaises et britanniques ont mené samedi soir une opération militaire conjointe contre un site souterrain de l'État islamique dans les montagnes au nord de Palmyre. Cette frappe coordonnée marque une nouvelle étape dans la lutte contre la résurgence du groupe terroriste en Syrie.
L'opération s'est déroulée le 3 janvier 2026, ciblant une installation souterraine soupçonnée de servir au stockage d'armes et d'explosifs par l'organisation jihadiste. Selon le ministère britannique de la Défense, des chasseurs Typhoon FGR4 de la Royal Air Force ont utilisé des bombes guidées Paveway IV pour frapper plusieurs tunnels d'accès menant à l'installation. Les premières évaluations indiquent que la cible a été atteinte avec succès.
Côté français, des avions Rafale ont participé à l'opération dans le cadre de Chammal, le dispositif militaire français de lutte contre Daesh au Levant. Cette coordination entre les deux puissances européennes illustre leur détermination commune à empêcher toute renaissance du califat.
Une menace persistante dans le désert syrien
Malgré la défaite territoriale de l'État islamique en 2019, le groupe terroriste a su s'adapter en développant un réseau de cellules dormantes. Selon les observateurs, plus de 120 attaques ont été attribuées à l'EI en Syrie au cours de l'année 2025, démontrant la persistance de cette menace dans les zones désertiques du pays.
Le ministre britannique de la Défense, John Healey, a souligné l'importance de cette action. Cette frappe témoigne selon lui du leadership du Royaume-Uni et de sa détermination à se tenir aux côtés de ses alliés pour éradiquer toute résurgence de Daesh et de ses idéologies violentes au Moyen-Orient. Les autorités ont confirmé qu'aucun civil ne se trouvait dans la zone visée et que tous les aéronefs sont rentrés sains et saufs.
Cette opération intervient dans un contexte de regain d'activité jihadiste dans la région. La Syrie reste un terrain propice aux groupes extrémistes, malgré les efforts de la coalition internationale. Fin décembre, les États-Unis avaient déjà frappé des bastions de l'EI, éliminant ou capturant une vingtaine de combattants en neuf jours d'opérations intensives.
Palmyre, symbole d'une guerre sans fin
Le choix de cibler les montagnes au nord de l'ancienne cité antique de Palmyre n'est pas anodin. Cette région, que l'EI avait conquise et partiellement détruite entre 2015 et 2017, reste une zone stratégique pour les combattants repliés dans le désert syrien. Les tunnels souterrains découverts par les services de renseignement alliés servaient vraisemblablement de dépôts logistiques pour préparer de futures attaques.
La coordination franco-britannique s'inscrit dans une dynamique de renforcement de la coopération militaire européenne. Face au désengagement progressif des États-Unis dans certaines zones du Moyen-Orient, Paris et Londres entendent maintenir une pression constante sur les réseaux terroristes. Cette frappe pourrait préfigurer d'autres opérations conjointes dans les mois à venir, alors que la communauté internationale craint une résurgence de l'État islamique profitant de l'instabilité régionale.
Les nouvelles autorités syriennes, issues de la chute du régime Assad en décembre 2024, n'ont pas encore réagi officiellement à cette intervention sur leur territoire. La question de la souveraineté syrienne et du cadre légal de ces frappes reste posée, même si la lutte contre le terrorisme bénéficie généralement d'un large consensus international.