Italie : quel est le salaire moyen ? Disparités Nord-Sud
En Italie, le salaire moyen se situe entre 27 000 et 38 200 euros bruts annuels selon les sources statistiques. Mais ce chiffre national cache une réalité plus complexe : des disparités régionales massives, des écarts sectoriels importants, et un pouvoir d'achat réduit par une fiscalité élevée. La question du salaire moyen en Italie révèle les tensions économiques du pays.
L'Institut national de statistique italien (ISTAT) et l'OCDE ne donnent pas les mêmes chiffres. L'ISTAT indique une médiane de 27 000 euros annuels bruts, tandis que l'OCDE l'estime à 38 200 euros. Cette différence provient des méthodologies : l'ISTAT se concentre sur les salaires effectifs, l'OCDE intègre d'autres données. En réalité, le salaire moyen net oscille entre 1 600 et 2 400 euros par mois, selon le secteur et la région.
Ces chiffres nationaux dissimulent une fracture régionale profonde. Le Nord du pays, avec ses industries dynamiques et ses services financiers, ne ressemble pas au Sud. Milan et la Lombardie affichent des salaires bruts de 2 800 à 3 200 euros par mois. À Rome, on trouve 2 200 à 2 500 euros. Mais à Naples, le salaire descend à 1 600-1 800 euros, et à Palerme seulement 1 500 euros. L'écart Nord-Sud représente 40 à 50% de différence salariale.
Des secteurs très différents
Les salaires varient énormément selon le domaine d'activité. Dans la finance et l'assurance, les revenus annuels s'élèvent à 45 000 euros. Le secteur technologique propose 38 000 euros. L'industrie manufacturière offre 32 000 euros. Mais le tourisme et l'hôtellerie plafonnent à 22 000 euros, et l'agriculture à seulement 20 000 euros.
Cette diversité reflète la structure économique italienne. Le Nord concentre l'industrie et les services de haut niveau. Le Sud dépend davantage du tourisme et de l'agriculture, secteurs traditionnellement moins rémunérateurs. Les jeunes diplômés en technologie ou finance trouvent des emplois mieux payés au Nord. Les autres doivent accepter des salaires plus bas, soit au Sud, soit dans des secteurs moins compétitifs.
La fiscalité amplifie le problème du pouvoir d'achat. En Italie, le taux de cotisations sociales et d'impôts atteint 46,5%. Un salarié gagnant 2 500 euros bruts perçoit réellement 1 400 euros nets. Ce prélèvement réduit considérablement ce qu'il peut consommer ou épargner.
Une compétitivité salariale en retrait en Europe
Comparée à ses voisins européens, l'Italie accuse un retard salarial important. La France propose environ 46 000 euros annuels moyens, l'Allemagne 50 000 euros. L'Italie reste à 27 000-38 000 euros. Cet écart explique pourquoi nombreux sont les Italiens qui choisissent d'émigrer, particulièrement les jeunes et les qualifiés.
Cette situation économique pose des questions sur l'attractivité du marché du travail italien. Les entreprises peinent à retenir les talents. Les salaires bas, conjugués à une fiscalité élevée et à des perspectives limitées, poussent les travailleurs expérimentés à chercher ailleurs. L'Italie perd ainsi une partie de son capital humain.
Les Jeux olympiques d'hiver 2026 pourraient être une occasion pour l'Italie de relancer son économie régionale, notamment dans le Nord. Le salaire moyen en Italie n'est donc pas qu'un simple chiffre statistique. Il raconte l'histoire d'un pays divisé, d'une économie régionale fragmentée, et d'un défi de compétitivité face à l'Europe. Pour les Italiens, le salaire moyen national masque une réalité locale souvent bien différente, selon qu'on vit à Milan ou à Palerme.