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L'Espagne prête à déployer des soldats en Palestine pour maintenir la paix

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé, le 8 janvier 2026, être prêt à proposer au Parlement le déploiement de troupes de maintien de la paix en Palestine. Une déclaration qui confirme le rôle de Madrid comme voix dissonante dans une Europe souvent critiquée pour son silence face à la tragédie gazaouie.

C'est lors de la traditionnelle cérémonie des vœux aux ambassadeurs espagnols, à Madrid, que Pedro Sánchez a fait cette annonce retentissante. « Je proposerai au Parlement, lorsque cette opportunité se présentera, que nous puissions déployer des troupes de maintien de la paix en Palestine », a déclaré le chef du gouvernement socialiste. Une proposition conditionnée à l'avancée des négociations de pacification et à la reconnaissance, « à moyen terme ou plus rapidement », des deux États, Israël et Palestine.

Cette prise de position s'inscrit dans la continuité de l'engagement espagnol en faveur de la cause palestinienne. En mai 2024, l'Espagne avait fait partie des premiers pays européens, aux côtés de l'Irlande et de la Norvège, à reconnaître officiellement l'État palestinien. Un geste symbolique fort qui avait provoqué l'ire de Tel-Aviv et ouvert la voie à d'autres reconnaissances en Europe.

Une diplomatie espagnole en rupture avec le consensus européen

Depuis le déclenchement de l'offensive israélienne à Gaza, le 7 octobre 2023, Pedro Sánchez n'a cessé de hausser le ton. Fin 2025, lors d'une rencontre avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, il avait appelé la communauté internationale à « élever la voix » pour ne pas oublier « la situation dramatique » en Palestine. « L'Espagne doit participer activement à la reconstruction de cet espoir en Palestine. Là-bas, la situation demeure intolérable », a-t-il martelé devant les ambassadeurs réunis au Palais royal de Madrid.

Le Premier ministre espagnol a également évoqué un possible déploiement de soldats en Ukraine, dans le cadre d'une mission de maintien de la paix. « Si l'Espagne a envoyé des troupes de maintien de la paix dans nombre de latitudes géographiques éloignées de notre pays, comment ne pas envoyer des troupes en Ukraine, un pays européen ? », a-t-il questionné, rappelant la longue tradition d'engagement de Madrid dans les opérations de paix sous mandat onusien.

Jusqu'à présent, l'Espagne participe à une mission policière de l'Union européenne chargée de superviser le passage de Rafah, entre Gaza et l'Égypte. Mais aucune force militaire espagnole n'a encore été engagée à grande échelle dans la région. L'annonce de Sánchez marque donc un tournant potentiel dans la politique étrangère madrilène et pourrait redessiner les équilibres diplomatiques en Méditerranée.

Un accord de cessez-le-feu encore fragile

Cette déclaration intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas demeure extrêmement fragile, avec des violations répétées de part et d'autre. La question du déploiement d'une force internationale de maintien de la paix se pose avec acuité pour garantir la pérennité de toute trêve et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dont la population gazaouie a désespérément besoin.

L'initiative espagnole pourrait inspirer d'autres pays européens à s'engager davantage dans la résolution du conflit. Toutefois, elle nécessite l'aval du Parlement espagnol, où le gouvernement de coalition de Sánchez dispose d'une majorité fragile. Elle dépend également de l'évolution de la situation sur le terrain et des négociations internationales en cours, notamment sous l'égide des États-Unis et de l'Égypte.

Pour l'heure, aucune réaction officielle n'a été enregistrée du côté israélien ou palestinien. Mais cette proposition confirme le positionnement singulier de l'Espagne, devenue l'une des rares voix européennes à défendre ouvertement les droits palestiniens sur la scène internationale. Une posture courageuse qui tranche avec l'attentisme prudent de nombreuses capitales du Vieux Continent, souvent accusées de fermer les yeux sur les exactions commises dans la bande de Gaza depuis plus de quinze mois.

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