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Brandt : 700 emplois supprimés après la validation de la reprise par Cafom

Le tribunal des affaires économiques de Nanterre a validé jeudi 13 mars 2026 la reprise des actifs du groupe Brandt par le distributeur Cafom, pour un montant de 18,6 millions d'euros. Cette décision, qui écarte toutes les offres de reprise industrielle, confirme la suppression des 700 emplois du fabricant centenaire d'électroménager français.

Placé en liquidation judiciaire en décembre 2025, trois mois après son placement en redressement, le groupe Brandt, qui générait 260 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, laisse derrière lui des centaines de salariés sans solution de reclassement. Le tribunal a dû départager 36 offres de reprise, mais aucune proposition industrielle n'a été retenue.

Cafom, acteur de la distribution qui exploite les enseignes But, Habitat et Darty, récupère les marques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette, ainsi que les stocks, les pièces détachées et la propriété intellectuelle du groupe. En revanche, aucun salarié ne sera repris, et aucun site de production ne sera maintenu en activité. L'offre de Cafom se concentre uniquement sur l'exploitation commerciale des marques historiques.

Les sites du Centre-Val de Loire abandonnés

La région Centre-Val de Loire est particulièrement frappée par cette liquidation. Sur les 700 employés français de Brandt, environ 450 travaillaient dans deux usines de la région : Saint-Jean-de-la-Ruelle dans le Loiret et Saint-Ouen dans le Loir-et-Cher. Ces deux sites industriels fermeront définitivement leurs portes, marquant la fin d'une longue tradition manufacturière locale.

François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, a qualifié cette issue de « coup dur pour le made in France ». La région et la métropole d'Orléans avaient pourtant soutenu une offre concurrente portée par la société Gladius, qui prévoyait une relance partielle de l'activité industrielle.

Les alternatives industrielles écartées

Parmi les 36 offres déposées, plusieurs propositions prévoyaient le maintien d'emplois et une activité de production. Une société coopérative ouvrière (SCOP) soutenue par le groupe Revive et appuyée par des financements publics figurait notamment au rang des candidats. Le groupe Thomson-Metavisio proposait quant à lui de réembaucher 150 salariés.

Mais le tribunal a privilégié l'offre financière la plus solide, au détriment de la dimension sociale et industrielle. Le choix de Cafom s'explique par sa capacité à valoriser commercialement les marques historiques de Brandt, dans un contexte où le groupe accumulait près de 200 millions d'euros de dettes. Propriété du conglomérat algérien Cevital depuis 2014, Brandt n'avait pas réussi à redresser sa situation financière malgré plusieurs plans de restructuration.

Cette décision illustre les difficultés de la réindustrialisation en France et soulève des questions sur l'avenir de l'électroménager français face à la concurrence internationale et aux stratégies de valorisation patrimoniale des distributeurs.

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