CAN 2025 : le Maroc saisit la CAF et la FIFA, certains veulent rejouer la finale
Au lendemain de la finale polémique de la CAN 2025 perdue face au Sénégal (1-0 après prolongation), la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a annoncé avoir saisi la Confédération africaine de football et la FIFA. Si la fédération invoque les incidents survenus lors du temps additionnel, certains de ses dirigeants vont plus loin et réclament une remise en cause partielle du résultat.
La finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, disputée dimanche 18 janvier au stade de Rabat, restera dans les annales comme l'une des plus chaotiques de l'histoire de la compétition. Alors que le Maroc s'inclinait finalement sur un but de Pape Gueye en prolongation, c'est le scénario du temps additionnel qui continue de faire trembler le football africain.
À la 90e+7 minute, après consultation de la VAR, l'arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo a accordé un penalty au Maroc pour une faute d'El Hadji Malick Diouf sur Brahim Diaz. Une décision jugée « sévère » par plusieurs observateurs, survenant quelques minutes seulement après un but refusé au Sénégal. L'ancien arbitre international Bruno Derrien a qualifié cette sanction de « faute mineure pour une sanction majeure », estimant que « pour une telle décision à ce moment du match et avec de tels enjeux, il faut une faute évidente ».
Les Lions de la Teranga quittent la pelouse
Furieux, les joueurs sénégalais ont alors quitté le terrain sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, provoquant une interruption de près de quinze minutes. Seule l'intervention du capitaine Sadio Mané, revenu chercher ses coéquipiers jusque dans les vestiaires en leur lançant « Comme des hommes », a permis la reprise du jeu. Dans un climat de tension extrême, Brahim Diaz s'est présenté à la 90e+24 minute pour tirer le penalty. Sa tentative de panenka, molle et mal ajustée, a été facilement captée par le gardien Édouard Mendy.
La FRMF a réagi dès le lendemain en annonçant dans un communiqué qu'elle allait « recourir aux procédures légales » auprès de la CAF et de la FIFA « afin de statuer sur le retrait de l'équipe nationale sénégalaise du terrain ainsi que sur les événements qui ont accompagné cette décision ». Selon la fédération, « cette situation a eu un impact significatif sur le déroulement normal de la rencontre et sur la performance des joueurs ».
Divisions internes à la FRMF
Mais au-delà de cette plainte officielle, des voix discordantes se font entendre au sein même de l'instance dirigeante marocaine. Selon plusieurs sources, certains membres de la FRMF plaident pour une remise en cause partielle du résultat. Deux options seraient sur la table : la première consisterait à reprendre le temps additionnel depuis le moment où les joueurs sénégalais ont menacé de quitter la pelouse. La seconde proposerait de recommencer précisément au moment du penalty, en autorisant Brahim Diaz à retirer sa tentative dans des conditions normales.
Les partisans de cette approche estiment que « l'environnement exceptionnel dans lequel le tir a été exécuté — longues interruptions, tensions extrêmes et pression inhabituelle — aurait nui à la régularité de l'action ». À ce stade, aucune position commune n'a été arrêtée au sein de la fédération, qui explore « toutes les options possibles » en coordination avec les instances internationales.
De son côté, la CAF a condamné les incidents dans un communiqué, promettant d'examiner « toutes les images » et de renvoyer l'affaire aux instances compétentes. Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw pourrait faire l'objet de sanctions pour avoir ordonné le retrait de ses joueurs. Malgré ce contexte tendu, le Sénégal a décroché sa deuxième étoile continentale, quatre ans après son premier sacre. Une victoire qui restera marquée par la polémique, mais qui consacre la génération dorée des Lions de la Teranga emmenée par Sadio Mané.