Patrick Balkany renvoyé en correctionnelle pour détournement de fonds publics
Patrick Balkany sera jugé pour détournement de fonds publics dans l'affaire dite « des chauffeurs ». L'ancien maire de Levallois-Perret est accusé d'avoir utilisé des employés municipaux à des fins personnelles pendant son mandat. Une audience est prévue le 20 février prochain au tribunal correctionnel de Nanterre.
Le juge d'instruction du tribunal judiciaire de Nanterre a rendu, le 16 janvier 2026, une ordonnance renvoyant Patrick Balkany devant le tribunal correctionnel. L'ancien édile des Hauts-de-Seine devra répondre de détournement de fonds publics pour des faits commis entre janvier 2010 et mai 2015, période durant laquelle il occupait les fonctions de maire.
L'affaire remonte à décembre 2012, lorsque deux syndicats de policiers municipaux alertent le parquet sur des pratiques douteuses. Une lettre anonyme dénonce alors des dysfonctionnements au sein de la police municipale de Levallois-Perret. L'enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance économique, est officiellement ouverte en décembre 2013.
Des policiers municipaux au service personnel du maire
Selon l'accusation, Patrick Balkany aurait utilisé quatre salariés de la mairie – trois policiers municipaux et un agent contractuel – comme chauffeurs privés. Ces employés l'auraient notamment accompagné lors de vacances aux Antilles, à Saint-Martin, ou encore lors de dîners privés à Deauville. D'autres tâches personnelles leur auraient été confiées, comme l'achat de cigarettes.
Lors de son audition en juillet 2020 devant la juge Céline Garrigues, l'ancien maire s'était montré particulièrement véhément. « Vous m'emmerdez avec vos questions ! », avait-il lancé à la magistrate, avant de s'excuser après une suspension d'audience de vingt minutes. Sur le fond, il avait contesté toute infraction : « Je n'ai lu nulle part que c'était interdit », avait-il affirmé.
Le parquet a toutefois ordonné un non-lieu concernant d'autres chefs d'accusation, notamment la prise illégale d'intérêts et le blanchiment. Une seconde affaire de détournement de fonds publics, concernant un ancien directeur du développement économique de la ville qui aurait continué à percevoir son salaire après sa retraite en 2012, fait également l'objet d'une convocation le même jour.
Un parcours judiciaire déjà chargé
Ce nouveau renvoi s'ajoute à un parcours judiciaire déjà dense pour le couple Balkany. Dès 1996, Patrick Balkany avait été condamné à quinze mois de prison et deux ans d'inéligibilité pour avoir employé un couple d'agents municipaux au service de sa propriété de Giverny, le Moulin de Cossy.
Plus récemment, il a été condamné en 2020 pour fraude fiscale et blanchiment aggravé à quatre ans et demi d'emprisonnement. Une peine confirmée en appel en janvier 2023. Sa demande d'annulation de son inéligibilité, déposée en novembre 2025 en vue des municipales de 2026, a été rejetée par la justice.
L'ancien maire bénéficie depuis le 12 janvier 2026 d'une libération conditionnelle, avec obligation de résider au Moulin de Cossy à Giverny. Une décision contestée par le parquet d'Évreux, qui a fait appel. Cette affaire de détournement de fonds publics illustre une nouvelle fois les démêlés judiciaires récurrents de l'ancien baron des Hauts-de-Seine avec la justice française.