Le rappeur Naps condamné à sept ans de prison pour viol et écroué
Le rappeur marseillais Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, a été condamné jeudi 19 février 2026 à sept ans de prison pour viol par la cour criminelle de Paris. Un mandat de dépôt a été décerné, entraînant son incarcération immédiate. L'artiste, connu pour ses tubes La Kiffance et Best Life, a annoncé faire appel de cette décision.
Au terme de quatre jours d'audience, la cour criminelle départementale de Paris a reconnu coupable le rappeur de 40 ans pour des faits remontant au 1er octobre 2021. Cette nuit-là, une jeune femme alors âgée de 20 ans avait été invitée, avec deux amies, à prolonger une soirée dans la chambre d'hôtel du rappeur, située près de la gare de Lyon, après une sortie en boîte de nuit dans le 9e arrondissement de Paris.
Selon les déclarations de la plaignante, maintenues avec constance durant toute la procédure, tous les quatre s'étaient couchés dans le même lit, sans se dévêtir, épuisés par une nuit de fête au cours de laquelle alcool, cannabis et protoxyde d'azote avaient été consommés. La jeune femme a expliqué s'être profondément endormie avant d'être réveillée par « la douleur d'une pénétration vaginale ».
Des preuves matérielles accablantes
L'enquête a permis d'établir des éléments matériels déterminants. Un rapport d'expertise génétique a attesté la présence de l'ADN du rappeur mélangé à celui de la plaignante sur les sous-vêtements de cette dernière. Les examens médicaux ont également révélé une lésion au niveau de l'hymen de la victime. Ces éléments sont venus corroborer les déclarations de la jeune femme.
Dans ses motivations, la cour a retenu « l'absence de consentement » et souligné que la plaignante avait « de façon constante » affirmé « qu'elle dormait » au moment des faits. La juridiction a estimé que la victime n'était pas en mesure « d'exprimer un consentement libre et éclairé ». Naps encourait une peine maximale de quinze ans de réclusion criminelle.
Face aux juges, l'accusé a nié avec force les faits qui lui étaient reprochés. « Jamais de la vie ça ne me viendrait à l'idée d'avoir un rapport avec une personne endormie, c'est impossible », s'est défendu le rappeur. Sa ligne de défense n'a toutefois pas convaincu la cour.
Un appel annoncé et une autre affaire en cours
À l'annonce du verdict, la plaignante a fondu en larmes. Son avocat, Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, a fait part du « soulagement » de sa cliente : « Elle a été entendue, elle a été crue. La cour l'a pleinement reconnue dans sa qualité de victime après cinq ans de procédure. »
Du côté de la défense, la réaction a été vive. Nabil Boudi, l'un des trois avocats de Naps, a qualifié la décision d'« incompréhensible », déplorant « pas un seul mot sur l'élément intentionnel ». L'appel a été immédiatement annoncé. La peine prononcée est conforme aux réquisitions du parquet général, à l'exception du mandat de dépôt dont l'avocate générale avait demandé le report.
Cette condamnation n'est pas la seule ombre judiciaire qui pèse sur le rappeur marseillais. Naps a également été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles à la suite des plaintes de trois jeunes femmes, des accusations qu'il conteste également. Sacré « Révélation francophone de l'année » aux NRJ Music Awards en 2021, l'artiste voit désormais sa carrière brutalement interrompue par cette lourde condamnation pénale. Un nouveau procès devra se tenir en appel, dont la date n'a pas encore été fixée.