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Seine-Maritime : un TER déraille près de Cléon, une vingtaine de blessés

Un TER assurant la liaison Rouen-Caen a déraillé vendredi soir près de Cléon, en Seine-Maritime, avec environ 180 passagers à bord. Le bilan provisoire fait état d'une vingtaine de blessés, dont une personne grièvement touchée, tandis que la préfecture a déclenché le plan Orsec « nombreuses victimes ».

L'accident s'est produit vendredi 11 septembre vers 19h45, à hauteur des communes de Cléon et Tourville-la-Rivière, entre Elbeuf-Saint-Aubin et le reste du parcours menant à Caen. Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, une voiture du convoi s'est retrouvée couchée sur le flanc tandis que quatre autres ont quitté les rails, provoquant un mouvement de panique parmi les voyageurs.

Un dispositif de secours massif déployé sur place

Le préfet de la Seine-Maritime a activé le centre opérationnel départemental dès 20h00 et déclenché le plan Orsec « nombreuses victimes » (NOVI), un protocole réservé aux situations impliquant un grand nombre de blessés. De nombreux camions de pompiers, des effectifs des forces de l'ordre ainsi que les équipes de SNCF Réseau ont été mobilisés en urgence sur les lieux du déraillement.

Sur le réseau social X, le ministre des Transports Philippe Tabarot a confirmé l'ampleur de l'accident, précisant que le train assurait bien la liaison Rouen-Caen avec 180 passagers à son bord au moment des faits. « Un bilan provisoire fait état d'une vingtaine de blessés », a-t-il indiqué, sans détailler à ce stade les circonstances exactes ayant conduit au déraillement.

La préfecture de Seine-Maritime a de son côté appelé les riverains et automobilistes à éviter strictement le secteur, le temps que les secours puissent intervenir dans de bonnes conditions. Un poste de commandement a été installé à proximité du lieu de l'accident afin de coordonner l'ensemble des équipes engagées, alors que la nuit tombait sur cette zone semi-rurale de la vallée de la Seine.

Selon plusieurs témoins présents à bord, la violence du choc a surpris l'ensemble des passagers, certains d'entre eux décrivant un fort bruit métallique suivi d'un arrêt brutal du convoi. Des voyageurs, encore sous le choc, ont été pris en charge par les équipes médicales directement sur le ballast, avant d'être orientés vers les hôpitaux les plus proches selon la gravité de leurs blessures. Plusieurs cellules d'urgence médico-psychologique ont par ailleurs été activées pour accompagner les passagers choqués n'ayant pas subi de blessures physiques.

Les hôpitaux de Rouen et d'Elbeuf ont été placés en état de vigilance renforcée dans les heures qui ont suivi l'accident, afin de pouvoir absorber un afflux de patients si le bilan venait à s'alourdir. Les autorités sanitaires locales ont indiqué suivre la situation de très près, en lien constant avec les services préfectoraux et les équipes de secours mobilisées sur le terrain.

Trafic ferroviaire fortement perturbé en Normandie

Conséquence directe de l'accident, la circulation des trains a été interrompue dans les deux sens sur la ligne reliant Rouen à Caen. Les répercussions se sont également fait sentir sur l'axe Paris-Le Havre, l'un des corridors ferroviaires les plus fréquentés de Normandie, où plusieurs liaisons ont été retardées ou annulées en soirée.

SNCF Réseau a indiqué travailler à la sécurisation du site avant toute intervention technique sur les voies et le matériel roulant endommagé. Les enquêteurs devront désormais déterminer les causes précises du déraillement, qu'il s'agisse d'un possible défaut d'infrastructure, d'un problème mécanique ou d'un facteur extérieur, aucune piste n'ayant été privilégiée par les autorités à ce stade.

Ce type d'accident ferroviaire, bien que rare en France, ravive les inquiétudes sur l'état du réseau secondaire, régulièrement pointé du doigt par les syndicats de cheminots. Un précédent avait déjà marqué les esprits lorsqu'un homme avait été percuté par un train et une locomotive avait pris feu en Languedoc-Roussillon, relançant le débat sur la sécurité des circulations régionales.

Les autorités locales, habituées à gérer des situations de crise dans cette région du nord-ouest de la France déjà éprouvée par le passé par des intempéries majeures à l'image de la tempête Ciaran qui avait frappé la Normandie, ont assuré que des points de situation seraient communiqués « régulièrement » dans les prochaines heures. Le bilan humain, encore provisoire en fin de soirée, pourrait évoluer à mesure que les secours achèvent leurs opérations sur le site du déraillement.

La ligne Rouen-Caen, empruntée quotidiennement par des milliers de voyageurs pendulaires entre les deux préfectures normandes, figure parmi les axes structurants du réseau régional. Son interruption prolongée pourrait avoir des répercussions importantes sur les déplacements domicile-travail dès la reprise de l'activité, la SNCF n'ayant pas communiqué de délai précis pour le rétablissement complet du trafic sur ce tronçon.

Un dispositif de transport de substitution par autocars devrait être mis en place dans les prochains jours pour pallier l'interruption de la desserte ferroviaire, le temps que les équipes techniques procèdent à l'expertise complète des voies et du matériel accidenté. Les voyageurs sont invités à consulter les canaux d'information habituels de la SNCF avant tout déplacement sur cet axe.

Ce déraillement intervient alors que le débat sur l'état du réseau ferroviaire secondaire français reste vif, plusieurs rapports parlementaires ayant pointé ces dernières années le vieillissement d'une partie des infrastructures régionales. Les prochaines heures devraient permettre d'en savoir davantage sur les causes exactes de l'accident et sur l'évolution de l'état de santé des personnes blessées.

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