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Affaire Epstein : les personnalités françaises au cœur du scandale mondial

La publication de plus de trois millions de pages de documents par le ministère américain de la Justice, le 30 janvier 2026, a provoqué une onde de choc en France. De nombreuses personnalités françaises — hommes politiques, hommes d'affaires, diplomates — apparaissent dans les archives du réseau pédocriminel de Jeffrey Epstein, révélant des liens parfois étroits avec le milliardaire américain décédé en prison en 2019.

L'affaire Epstein, qui secoue le monde depuis plusieurs années, connaît un nouvel épisode avec la déclassification massive ordonnée par l'administration Trump. Parmi les 2 000 vidéos et 180 000 images rendues publiques, les noms de plusieurs Français émergent, soulevant des questions sur l'étendue de l'influence du financier en France.

Jack Lang et sa fille Caroline : des liens financiers troublants

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang, 86 ans, se retrouve au cœur des révélations. Les documents montrent une proximité certaine avec Jeffrey Epstein : invitations, échanges de courriels, et surtout des transactions financières opaques. En 2019, Lang avait convié le financier américain aux 30 ans de la pyramide du Louvre.

Plus troublant encore, une enquête de Mediapart révèle que Caroline Lang, fille de l'ancien ministre et personnalité du monde du cinéma, a cofondé en 2016 avec Epstein une société offshore nommée Prytanee LLC, domiciliée aux îles Vierges américaines. Les comptes de cette structure auraient été crédités de 1,4 million de dollars. "J'ai été d'une naïveté confondante", a déclaré Caroline Lang, reconnaissant n'avoir pas déclaré cette société au fisc français.

Des échanges de courriels datés de mars 2015 révèlent également des négociations autour de la vente d'un riad à Marrakech, le "Ksar Masa". Jack Lang y mentionnait un prix de "5.400.000 euros, offshore". De plus, Caroline Lang figure sur un testament financier signé par Epstein deux jours avant sa mort, lui promettant 5 millions de dollars — une somme dont elle affirme avoir ignoré l'existence. Suite à ces révélations, Caroline Lang a démissionné de la présidence d'un syndicat de producteurs de cinéma.

Jack Lang a réagi en déclarant à l'AFP : "J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité."

Le Rassemblement national dans les archives Epstein

Autre révélation explosive : le nom de Marine Le Pen apparaît dans les documents. Un échange d'emails daté de juillet 2018 entre Jeffrey Epstein et le journaliste Michael Wolff révèle que Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump, aurait sollicité Epstein pour financer le Rassemblement national après une rencontre avec Louis Aliot, alors compagnon de Marine Le Pen.

Selon ces archives, l'associé d'Epstein décrivait les émissaires du RN comme "ayant l'air d'idiots", "non professionnels (sinon grotesques)". Louis Aliot cherchait alors des sources de financement alternatives aux fonds russes. Cette révélation relance les interrogations sur les financements étrangers du parti.

D'autres personnalités politiques françaises sont mentionnées. Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Économie, aurait rendu visite à Epstein à New York en 2018. Des courriels suggèrent qu'Olivier Colom, ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, aurait tenté de lever des fonds auprès d'Epstein en 2013 pour soutenir la candidature de Le Maire en 2017. Colom aurait également échangé des emails qualifiés de "salaces" et racistes avec le pédocriminel.

Le mathématicien et ancien député Cédric Villani, médaille Fields 2010, ainsi que la banquière Ariane de Rothschild, apparaissent également dans des échanges de courriels datant de 2017.

Jean-Luc Brunel, l'agent de mannequins français, reste la figure centrale du volet français de l'affaire. Les documents le désignent comme le "fournisseur" de filles mineures et majeures pour le réseau Epstein. Mis en examen pour viols sur mineures, il s'est suicidé dans sa cellule de la prison de la Santé en février 2022, emportant avec lui de nombreux secrets.

Ghislaine Maxwell, franco-britannique considérée comme le bras droit d'Epstein, purge quant à elle une peine de 20 ans de prison aux États-Unis. Sa récente rencontre avec le numéro deux du département de la Justice, Todd Blanche, et son transfert vers une prison au Texas à régime moins strict ont provoqué l'indignation des victimes.

Le 22 avenue Foch, dans le 16e arrondissement de Paris, a servi de quartier général européen au réseau Epstein. Cet appartement de 800 mètres carrés, acquis en 2001 et estimé à 7,8 millions d'euros, comportait une salle de massage. Un artisan y ayant travaillé témoigne avoir été marqué par "les nombreuses photos de jeunes filles" disposées dans l'appartement.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête en août 2019, menant à des perquisitions au domicile d'Epstein et à l'agence Karin Models. Trois victimes françaises se sont manifestées. Malgré l'ampleur des révélations, le département américain de la Justice a indiqué qu'aucune nouvelle poursuite ne serait engagée. En France, l'enquête reste ouverte mais se heurte à la disparition des principaux suspects : Epstein et Brunel.

Ces documents confirment que figurer dans les archives Epstein ne signifie pas être impliqué dans ses crimes. Beaucoup de noms apparaissent simplement comme contacts professionnels ou dans des carnets d'adresses. Cependant, certaines révélations — sociétés offshore, négociations immobilières opaques, demandes de financement — soulèvent des questions légitimes sur l'éthique et la transparence de personnalités publiques françaises.

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