Prison de Villeneuve-lès-Maguelone : saisies à répétition, les syndicats sonnent l'alarme
En l'espace de quelques jours, deux fouilles de cellules au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, ont permis de mettre la main sur un arsenal d'objets interdits : couteaux, téléphones portables, drogue, chargeurs et même du matériel multimédia. Des découvertes qui poussent les syndicats pénitentiaires à tirer la sonnette d'alarme sur la sécurité dans l'établissement héraultais.
Ce mercredi 11 février au matin, les surveillants du centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone ont procédé à une fouille ciblée dans une cellule occupée par deux détenus. Le résultat est édifiant : près de 200 grammes de résine de cannabis, huit téléphones portables, deux cartes SIM, une balance électronique, un Chromecast, une manette de console de jeu vidéo et plusieurs chargeurs ont été saisis.
« Les personnels ont découvert des produits stupéfiants et plusieurs objets interdits en détention », a confirmé Marine Orengo, représentante du syndicat Ufap Unsa Justice. L'organisation syndicale réclame des sanctions disciplinaires fermes à l'encontre des deux occupants de la cellule, ainsi que des poursuites pénales.
Les deux détenus ne sont pas des inconnus de l'administration pénitentiaire. Le premier, âgé de 20 ans, purge une peine pour vol avec violences, transport d'arme et usage de stupéfiants. Le second, 28 ans, est incarcéré pour violences en réunion avec mutilation, vol avec ruse et conduite sous l'emprise de stupéfiants. Ce dernier avait déjà été sanctionné en 2023 après la découverte de près de 300 grammes de cannabis dans sa cellule, sanction qui n'avait manifestement pas suffi à le dissuader.
Un couteau de six centimètres retrouvé quelques jours plus tôt
Cette saisie du 11 février n'est pas un cas isolé. Dès le 1er février, une autre fouille au bâtiment 3C avait déjà révélé un véritable stock d'objets prohibés : onze téléphones portables, 56 grammes de cannabis, trois cartes SIM, dix cartes de crédit, trois chargeurs, neuf câbles, deux grinders et, surtout, un couteau doté d'une lame de six centimètres. Un morceau de caillebotis de 20 centimètres sur 20 avait également été démonté.
Le syndicat FO Justice avait alors réagi vivement. « Un couteau en détention, ce n'est pas un banal objet interdit, c'est une menace directe contre les surveillants », avait martelé l'organisation. Selon FO Justice, « la livraison n'a pu se faire que par drone », pointant du doigt la vulnérabilité de l'établissement face à ce mode d'approvisionnement devenu courant.
Drones et projections : un fléau persistant
La proximité du centre pénitentiaire avec la route départementale facilite les introductions illicites. « On voit souvent des voitures s'arrêter et des personnes jeter des colis dans l'enceinte de la prison », a expliqué Marine Orengo. C'est par ce biais, mais aussi par drones, comme cela a déjà été documenté dans d'autres affaires en Méditerranée, que téléphones, drogues, couteaux et nourriture pénètrent régulièrement dans l'enceinte de la maison d'arrêt.
L'établissement, inauguré en 1990, dispose de 897 places. Les syndicats dénoncent depuis des années un manque d'effectifs et l'absence de dispositifs anti-drones efficaces. FO Justice réclame des « moyens technologiques opérationnels » et une augmentation des personnels de sécurité pour endiguer ce qu'il qualifie de « professionnalisation des réseaux criminels » à l'intérieur des murs.
Ces saisies à répétition à Villeneuve-lès-Maguelone interviennent dans un contexte national tendu. En mai 2025, l'opération « Prison Break » avait mobilisé plus de 500 gendarmes dans 66 établissements pénitentiaires français, aboutissant à la saisie de 164 téléphones, dont 88 modèles miniatures quasi indétectables. Les autorités avaient alors établi que certains de ces appareils avaient servi, depuis les cellules, à orchestrer des trafics de stupéfiants, des escroqueries et même des tentatives de meurtre.
À Montpellier, où les municipales de 2026 approchent, la question de la sécurité dans et autour du centre pénitentiaire pourrait bien s'inviter dans le débat politique local.